Économie
Le pétrole s’envole, les espoirs d’un rapprochement entre Washington et Téhéran s’éloignent
Les cours du brut ont terminé en nette hausse, portés par le scepticisme des investisseurs sur un accord imminent entre les États-Unis et l’Iran. Les…


Les cours du brut ont terminé en nette hausse, portés par le scepticisme des investisseurs sur un accord imminent entre les États-Unis et l’Iran. Les déclarations guerrières des deux camps n’ont fait qu’alimenter les inquiétudes.
Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, a pris 3,41% pour s’établir à 106,60 dollars. Son homologue américain, le West Texas Intermediate, a gagné 2,66% à 94,61 dollars. Ce rebond raconte une chose simple. Les opérateurs ne croient pas à une détente rapide entre Washington et Téhéran, et ils le font savoir en pariant à la hausse.
Le sommet des Nations unies n’a débouché sur aucune avancée entre les deux pays. Les parties restent très éloignées sur des dossiers de fond, font remarquer les analystes. Les mots employés de part et d’autre n’arrangent rien. Un conseiller du guide suprême iranien a averti qu’un nouveau coup porté par les États-Unis pourrait élargir la guerre jusqu’à l’océan Indien. À la tribune de l’ONU, le président iranien avait prévenu de son côté que la résistance de son peuple ne ferait que se renforcer face aux sanctions, à la pression et à l’intimidation, en réponse à la menace américaine d’anéantir le pays. De quoi mesurer la profondeur du fossé, résument les observateurs.
Le marché reste pourtant nerveux au moindre signe d’apaisement. Les cours ont lâché une partie de leurs gains après la diffusion d’informations faisant état de discussions entre négociateurs des deux camps. Un scénario déjà vu, tempèrent certains spécialistes, tant les rebondissements diplomatiques se sont multipliés depuis le début du conflit. Beaucoup doutent qu’un accord voie le jour avant les élections de mi-mandat aux États-Unis. Pour Téhéran, faire grimper les prix du pétrole est devenu un levier de pression important, et le sujet touche directement les électeurs américains, très sensibles au coût du carburant.
Le gazole a récemment atteint des sommets à la pompe outre-Atlantique, au point que le président américain s’est dit prêt à en interdire l’exportation. Une piste jugée mauvaise par les professionnels du secteur. Et son effet pourrait être de courte durée. Une fois les capacités de stockage remplies, les raffineries américaines devraient ralentir leur production, ce qui tirerait cette fois vers le haut les prix de l’essence et du kérosène.
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