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Gavin Newsom annonce la fin de la présidence Trump pour novembre
Le gouverneur de Californie prévoit une reconquête démocrate de la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat. Il veut aussi faire du…

Le gouverneur de Californie prévoit une reconquête démocrate de la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat. Il veut aussi faire du climat un argument capable de parler à tous, du porte-monnaie jusqu’à la sécurité du pays.
Gavin Newsom ne mâche pas ses mots. Le gouverneur sortant de l’État le plus peuplé des États-Unis, 58 ans, et l’un des principaux prétendants à l’investiture démocrate pour 2028, annonce une reconquête de la Chambre des représentants par son camp lors des élections de mi-mandat de novembre. Ce scrutin, selon lui, sonnera « l’heure des comptes » et marquera « le début d’une nouvelle ère » pour Donald Trump. Sa formule est sans appel. « La présidence de Trump, telle que nous la connaissons, prend fin en novembre. »
Ses déclarations ont été recueillies en marge d’un sommet de l’ONU consacré au climat, à New York. L’occasion pour le démocrate de défendre une idée qui détonne dans le paysage politique américain. Le climat, soutient-il, reste un thème capable de mobiliser. À une condition. Ne pas le réduire à un sujet isolé, mais le rattacher à tout le reste, du prix des courses à l’assurance habitation, jusqu’à la sécurité nationale. « Les gens disent, pourquoi diable parlez-vous de ça, vous devriez parler du coût de la vie, et je réponds, mais c’est ce que je fais », raconte-t-il. Il cite le prix du bœuf et du café, la difficulté à assurer un logement ou à obtenir un prêt immobilier quand les risques climatiques s’aggravent, les incendies de forêt et l’érosion du littoral.
D’autres responsables préfèrent esquiver le sujet, explique-t-il, « parce qu’ils ne savent pas comment en parler » ou par crainte de passer pour des alarmistes. Il reconnaît d’ailleurs qu’une partie du discours vert a pris « un tour un peu apocalyptique ». L’essentiel, dit-il, reste de marteler qu’il s’agit d’un enjeu politique de premier ordre. Devant les participants du sommet, il a posé la Californie en preuve que combat climatique et croissance peuvent avancer main dans la main. L’État affiche une progression de 40% de son PIB depuis 2019 tout en fonctionnant en quasi-totalité grâce aux énergies propres, rappelle-t-il.
Son administration s’est dressée contre Donald Trump et les républicains du Congrès, décidés à défaire les règles environnementales californiennes. Deux dossiers illustrent la bataille. La sortie programmée des voitures à essence, que les républicains voulaient revoir, et les aides versées aux entreprises pour qu’elles abandonnent des projets d’éoliennes en mer. « Donald Trump veut recréer le XIXe siècle », tranche Gavin Newsom. « Il s’entête dans la stupidité. Il fait reculer l’Amérique. »
À l’approche du scrutin du 3 novembre, le président américain voit sa cote de popularité s’effriter. Le coût de la vie élevé, la flambée des prix des carburants et la guerre déclenchée en Iran, à l’issue plus incertaine que jamais, pèsent lourdement. Les sondages anticipent une perte de la courte majorité républicaine à la Chambre au profit des démocrates, tandis que le contrôle du Sénat reste plus incertain.
En vue de la présidentielle de 2028, Gavin Newsom affiche sa confiance. « Quel que soit le candidat investi démocrate, il sera le prochain président des États-Unis », lance-t-il. Alexandria Ocasio-Cortez, figure de la gauche du parti, envisage ouvertement de se présenter. « Elle pourrait absolument devenir la candidate du parti », estime-t-il. « L’idée qu’une femme ne puisse pas gagner est insultante », poursuit-il, en pointant ces commentateurs politiques qui entretiennent ce cliché. « J’en ai assez des gens qui parlent comme ça. Ou qui disent que si vous venez de Californie, si vous êtes juif, si vous êtes vieux ou trop jeune… franchement, ça suffit. Notre politique est complètement chamboulée depuis Trump. Les anciennes règles ne s’appliquent plus. »
Il voit en AOC un « talent générationnel ». Pour autant, il ne ferme pas la porte à une candidature face à elle. Avec Kamala Harris, candidate démocrate en 2024, il avait au contraire assuré qu’il ne la défierait pas, une relation commune remontant à leurs débuts californiens. Avec la jeune élue, « le cadre est différent », explique-t-il. « Je n’ai pas avec elle une relation qui remonte à avant que nous soyons tous les deux en politique. Et nos bases électorales ne se recoupent pas de manière aussi forte. »
Une éventuelle candidature dépendra de sa capacité à regarder les électeurs dans les yeux et à les convaincre qu’il possède « quelque chose d’unique » que les autres n’ont pas. « Une voix, une expérience, une perspective, une capacité qui sont uniques et distinctes », résume-t-il.
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