Nous rejoindre sur les réseaux

Europe

En Corse, les agriculteurs bloquent les ports et mettent la pression sur l’État

Des centaines d’exploitants occupent les ports de Bastia et Ajaccio pour réclamer des aides après un été de canicule. Trois syndicats refusent de lever le…

Article

le

En Corse, les agriculteurs bloquent les ports et mettent la pression sur l'État

Des centaines d’exploitants occupent les ports de Bastia et Ajaccio pour réclamer des aides après un été de canicule. Trois syndicats refusent de lever le camp tant qu’ils n’auront pas rencontré la ministre de l’Agriculture.

Le mouvement est né d’une colère simple. Après un été caniculaire, les agriculteurs corses estiment que l’État ne mesure pas l’ampleur de leurs difficultés. Portés par une intersyndicale qui s’est constituée sans attendre, plusieurs centaines d’entre eux se sont rassemblés. Leurs points de blocage ne sont pas anodins puisqu’ils ciblent les deux ports principaux de l’île, à Bastia et Ajaccio.

Le président de la chambre d’agriculture, Jean-Baptiste Arena, s’est placé à leurs côtés. Au fil de la journée, les manifestants ont exigé un face-à-face avec la ministre de l’Agriculture. Une première avancée a eu lieu, un rendez-vous avec son cabinet ayant été calé au 30 septembre. Cela n’a pas suffi à convaincre tout le monde. Trois organisations, la FDSEA, les Jeunes Agriculteurs et la coordination rurale, se sont dites insatisfaites et maintenaient encore les blocages le soir. Elles veulent parler directement à Annie Genevard, la ministre.

La mobilisation a pris plusieurs visages. Des délégations se sont postées devant les préfectures de Bastia et Ajaccio, sans oublier les sous-préfectures de Calvi et Sartène. Des banderoles ont été déployées, des pneus brûlés, des tracteurs et des blocs de béton ont servi à couper des accès routiers. Signe de la portée du mouvement, huit établissements scolaires, du collège au lycée, ont aussi été bloqués. Dans le même temps, des membres de la FDSEA ont occupé symboliquement les locaux de la préfecture de Haute-Corse.

Face à cette pression, Jean-Baptiste Arena a salué l’élan tout en appelant à lever les barrages. Les autorités se sont engagées à répondre aux revendications, a-t-il indiqué. Il a toutefois prévenu que si les réponses du 30 septembre n’étaient pas à la hauteur, le mouvement pourrait se durcir. Plus tôt, il avait résumé l’enjeu de fond en évoquant la volonté de bâtir quelque chose de durable pour la jeunesse agricole.

Les préfets de Corse et de Haute-Corse ont, de leur côté, rappelé le dispositif d’urgence déployé pour affronter une sécheresse et une canicule d’une ampleur inédite, qui a touché tout le pays. Une enveloppe de 1,3 million d’euros a été annoncée pour les exploitants de l’île. Les syndicats la jugent nettement trop faible, et les autorités ont reconnu qu’elle serait réexaminée. À l’échelle nationale, la ministre de l’Agriculture a évoqué un plan qui pourrait dépasser 1,3 milliard d’euros, avec les premières aides versées dès le début du mois d’octobre. Là encore, plusieurs syndicats parlent d’un effort insuffisant. La FNSEA, première organisation du secteur, réclame notamment de doubler les aides pour l’achat de gazole, alors que le carburant flambe.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus