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À Kiev, un hiver redouté pousse déjà les familles à préparer leur plan B

Les premiers froids arrivent en Ukraine et une question obsède déjà les habitants de la capitale, comment tenir si le réseau électrique s’effondre encore…

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À Kiev, un hiver redouté pousse déjà les familles à préparer leur plan B

Les premiers froids arrivent en Ukraine et une question obsède déjà les habitants de la capitale, comment tenir si le réseau électrique s’effondre encore sous les frappes russes. Les mères de famille sont les premières à organiser leur fuite.

À Kiev, l’hiver dernier a laissé des traces profondes. Pendant des semaines, les trois millions d’habitants de la capitale sont restés sans électricité ni chauffage, avec des températures descendues jusqu’à moins vingt degrés. Personne n’a oublié. Alors que les premiers frimas pointent, les discussions tournent toutes autour d’une même angoisse. Comment s’organiser si les bombardements russes réduisent de nouveau le système énergétique à néant.

Oleksandra Matveieva a créé un groupe Facebook destiné aux mères. Elle raconte que les messages affluent depuis que les Russes ont intensifié leurs frappes sur la ville. Les femmes écrivent qu’elles sont prêtes à partir n’importe où, à condition que ce ne soit ni trop loin ni trop cher. Le Travel Mama Club, né comme un espace pour les mères voyageuses avant de devenir un forum d’entraide pendant la guerre, voit fleurir des annonces de logements dans l’ouest du pays, plus sûr, ou à l’étranger. Certains réservent même des appartements qu’ils peuvent annuler. Ils ne savent pas encore s’ils partiront vraiment.

L’an dernier, le maire Vitali Klitschko avait appelé les habitants à quitter la capitale au moment le plus dur. Des tentes chauffées et alimentées en électricité avaient été dressées dans le centre pour accueillir ceux qui restaient. Les chemins de fer avaient ouvert des compartiments de train à quai. Moscou visait surtout Kiev la nuit. Aujourd’hui, les alertes tombent de plus en plus en plein jour aussi, et paralysent la vie de toute la ville, notamment les écoles et les hôpitaux soumis à des protocoles de sécurité stricts. Pour les enquêteurs de l’ONU, cette escalade des frappes contre les infrastructures, menée des deux côtés, rend les civils toujours plus vulnérables à l’approche de l’hiver. Donald Trump a affirmé la semaine dernière que Kiev et Moscou s’étaient entendus pour ne pas viser leurs installations énergétiques. L’accord n’a jamais vu le jour.

Les autorités tentent de renforcer un réseau très abîmé. Le ministère de l’Énergie annonce avoir déjà réparé 4,8 gigawatts de capacité de production et prévoit de restaurer ou de construire plus de dix gigawatts cette année. Pour mesurer l’enjeu, il faut se souvenir des chiffres. Avant l’invasion de février 2022, l’Ukraine disposait d’environ trente-huit gigawatts de capacité. Après plus de trois ans de bombardements, elle est tombée à onze gigawatts l’hiver dernier, quand la demande grimpait à dix-huit. Vitali Klitschko, critiqué pour l’absence de stratégie claire, assure que la ville a bouclé quatre-vingts pour cent de ses préparatifs. Le patron de Naftogaz, Sergiy Fedorenko, reconnaît des frappes russes plus puissantes, plus étendues et plus dangereuses, tout en affirmant que le pays s’y est préparé. Il s’attend malgré tout à un hiver difficile. Le ministre de l’Énergie, Denys Chmygal, redoute aussi que la Russie ne s’attaque aux réseaux d’eau potable.

Ceux qui comptent rester ressortent les générateurs, les batteries portables et les bouillottes de l’an dernier. Certains misent sur une météo plus douce. Oleksandra Matveieva, elle, a déjà fixé sa limite. S’il fait de nouveau aussi froid que la saison passée, elle partira. Elle prendra sa fille et l’emmènera loin d’ici.

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