Europe
Les Suisses disent non au plafond migratoire et oui à un service militaire plus strict
Les électeurs helvétiques ont rejeté l’initiative de l’UDC qui voulait limiter la population à 10 millions d’habitants. Ils ont en revanche approuvé le…

Les électeurs helvétiques ont rejeté l’initiative de l’UDC qui voulait limiter la population à 10 millions d’habitants. Ils ont en revanche approuvé le durcissement des conditions d’accès au service civil.
Le résultat est tombé ce dimanche. Selon les projections de l’institut gsf.bern, 55% des votants ont refusé l’initiative anti-immigration portée par l’Union démocratique du centre (UDC), le premier parti du pays. Un soulagement pour le gouvernement et les milieux économiques. « Nous sommes très soulagés et heureux. C’est un résultat important pour notre pays et pour nos relations avec l’UE », a réagi Monika Rühl, directrice d’economiesuisse. De son côté, le député socialiste Benoît Gaillard s’est dit rassuré, estimant que cette initiative mettait en œuvre « une politique du bouc-émissaire ».
L’initiative visait à empêcher que la population résidente permanente dépasse 10 millions d’habitants d’ici 2050. Actuellement, la Suisse compte 9,5 millions d’habitants, dont plus d’un quart d’étrangers. Les partisans de l’initiative, comme le retraité Gilles Hirt, jugeaient qu’il fallait fixer une limite, comparant la situation à un bateau trop chargé. Mais les opposants, dont le gouvernement et les syndicats, mettaient en garde contre les conséquences sur la prospérité et les relations avec l’Union européenne. Si le seuil des 10 millions avait été dépassé, la Suisse aurait dû dénoncer l’accord de libre circulation avec l’UE, mettant en péril son principal partenariat commercial. L’enseignante Josefina Luque, venue voter à Berne, a estimé qu’il était « absurde de vouloir fermer les frontières » tout en reconnaissant qu’il ne fallait pas ignorer les craintes d’une partie de la population.
Dans un autre scrutin, les Suisses ont approuvé à près de 53% le durcissement des conditions d’accès au service civil, une alternative au service militaire pour les objecteurs de conscience. Contexte : la guerre en Ukraine et les tensions géopolitiques poussent de nombreux pays à renforcer leurs armées. La gauche, qui avait lancé un référendum contre cette réforme, la juge dangereuse et craint qu’elle ne conduise à terme à la disparition du service civil. La Suisse impose un service militaire obligatoire aux hommes. Depuis 1996, les objecteurs de conscience peuvent effectuer un service civil, mais depuis la suppression en 2009 de la commission chargée de vérifier leur « conflit de conscience », leur nombre a fortement augmenté, ce que le gouvernement juge problématique.
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