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132 animateurs parisiens suspendus en cinq mois, dont 52 pour violences sexuelles

La mairie de Paris a mis à pied plus d’une centaine d’animateurs depuis janvier, dont la moitié pour des soupçons d’agressions sexistes ou sexuelles. Une…

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132 animateurs parisiens suspendus en cinq mois, dont 52 pour violences sexuelles

La mairie de Paris a mis à pied plus d’une centaine d’animateurs depuis janvier, dont la moitié pour des soupçons d’agressions sexistes ou sexuelles. Une commission d’enquête indépendante va faire la lumière sur une décennie de dysfonctionnements.

C’est un chiffre qui donne le vertige. 132 animateurs suspendus en seulement cinq mois, sur les quelque 14 000 que compte la Ville de Paris. Parmi eux, 52 le sont pour des suspicions de violences sexuelles ou sexistes. Le nouveau maire, Emmanuel Grégoire, a dévoilé ce bilan révisé en marge d’une visite dans une école du 17e arrondissement. Il explique cette hausse par une prise de conscience collective et une rigueur accrue dans le traitement des signalements. La ville assure désormais suspendre systématiquement dès le moindre signalement, quitte à ce qu’on lui reproche une sévérité excessive. Le plan d’action lancé en avril, doté de 20 millions d’euros, a aussi réorganisé la manière de recueillir les alertes, avec notamment une cellule d’écoute dédiée.

Mais cette politique ferme ne fait pas l’unanimité. Les syndicats dénoncent une multiplication des sanctions pour des violences éducatives ordinaires, sans accompagnement pour les agents concernés. Ils ont appelé à la grève jusqu’au 16 juin. De son côté, le collectif MeTooEcole estime que 132 suspensions en cinq mois ne relèvent plus de cas isolés mais d’un système qui accumule les alertes sans parvenir à protéger les enfants. Le maire, lui, assume cette ligne dure. Il constate que les enfants parlent davantage et que les parents sont plus attentifs à des gestes qui semblaient autrefois anodins. Il appelle d’ailleurs à un débat national sur les violences faites aux enfants, estimant que l’État et la justice doivent aussi être mis face à leurs responsabilités, en écho à l’affaire de la petite Lyhanna.

Concrètement, la Ville ne compte pas s’arrêter là. Une commission d’enquête indépendante sera installée au prochain Conseil de Paris, sous la présidence d’Antoine Garapon, ancien juge des enfants et président de la commission sur les abus sexuels dans l’Église. Elle aura carte blanche pour audiencer et analyser tout ce qui s’est passé depuis la réforme des rythmes scolaires de 2013. Parallèlement, une mission d’information transpartisane, réclamée par l’opposition de droite, va examiner les recrutements et les dysfonctionnements des dix dernières années. Une convention citoyenne sur la protection de l’enfant doit aussi rendre ses conclusions fin juin. L’objectif affiché par le maire est clair restaurer la confiance et faire enfin la transparence.

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