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130 ans après leur mort humiliante, six Amérindiens pourront enfin reposer chez eux

Le Parlement a voté la restitution des dépouilles de six Kali’nas et Arawaks, conservées comme des objets dans les collections du Muséum d’histoire…

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130 ans après leur mort humiliante, six Amérindiens pourront enfin reposer chez eux

Le Parlement a voté la restitution des dépouilles de six Kali’nas et Arawaks, conservées comme des objets dans les collections du Muséum d’histoire naturelle. Un vote historique pour les descendants, qui attendent ce moment depuis plus d’un siècle.

C’est un geste longuement attendu. Lundi, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une loi qui autorise le retour en Guyane des restes de six Amérindiens morts dans des conditions indignes. Ils faisaient partie d’un groupe de 33 personnes arrachées à leur terre en 1892 par un explorateur français. Sous de fausses promesses, ils avaient été emmenés à Paris pour être exhibés vivants au Jardin d’Acclimatation, dans ce qu’on appelait alors des « zoos humains ». L’hiver a été fatal à huit d’entre eux. Et cinq ans plus tard, les corps de six autres ont été exhumés. Non pas pour leur offrir une sépulture décente. Mais pour servir la science anthropologique de l’époque.

Ces six personnes avaient un nom. Pékapé, Couani, Emo-Marita, Mibipi, Makéré et Miacapo. Pendant plus de 130 ans, leurs ossements sont restés dans les tiroirs du Muséum, à des milliers de kilomètres de leur terre natale. Comme le résume un député, ils ont été réduits à des numéros d’inventaire. Une situation longtemps bloquée par le principe d’inaliénabilité des collections publiques. Ce principe interdisait de restituer des biens appartenant à l’État, même quand il s’agit de dépouilles humaines. Jusqu’à présent, des dérogations existaient pour les demandes venues de l’étranger. Mais pas pour les restes originaires des territoires français d’outre-mer. Cette loi change la donne, du moins pour ces six-là.

Car le combat ne s’arrête pas là. Le député de Guyane à l’origine du texte espère que ce vote ouvre une brèche. Plus de 23 000 restes humains dorment encore dans les réserves du seul Musée de l’Homme. Beaucoup viennent des outre-mer. Et des promesses de l’État envers les peuples autochtones de Guyane restent lettre morte. En 2017, après une mobilisation populaire, l’exécutif s’était engagé à leur attribuer 400 000 hectares de terres. Huit ans plus tard, aucune restitution n’a eu lieu. Ce texte est une première victoire symbolique et concrète. Mais pour les descendants, la route est encore longue avant que tous les ancêtres puissent vraiment rentrer chez eux.

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