Europe
Zelensky invite Poutine à un tête-à-tête pour sortir du conflit
Le président ukrainien a adressé un courrier direct à son homologue russe pour lui proposer une rencontre, tout en suggérant un cessez-le-feu pendant les…


Le président ukrainien a adressé un courrier direct à son homologue russe pour lui proposer une rencontre, tout en suggérant un cessez-le-feu pendant les pourparlers. De son côté, le Kremlin répond que Vladimir Poutine est prêt à le recevoir… à Moscou, une option que Kiev écarte d’emblée.
Volodymyr Zelensky a franchi un cap dans sa communication avec Moscou. Dans une lettre rendue publique jeudi, il propose un face-à-face avec Vladimir Poutine, sans intermédiaire, pour tenter de mettre un terme à la guerre. « L’Ukraine propose de mettre fin à ce conflit par un contact direct entre vous et nous », écrit-il, en suggérant des lieux comme la Suisse, la Turquie ou des pays arabes. Il ajoute que son pays est prêt à un cessez-le-feu complet pour toute la durée des négociations, et insiste sur la nécessité d’associer les États-Unis et l’Europe au processus.
La réponse du Kremlin ne s’est pas fait attendre. Le porte-parole Dmitri Peskov a déclaré que Vladimir Poutine n’avait pas encore pris connaissance de la lettre, mais que Zelensky pouvait « à tout moment » venir le rencontrer, et ce « à Moscou ». Une proposition que le président ukrainien a d’ores et déjà exclue dans son courrier. Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, Zelensky s’est rarement adressé directement à son homologue russe, mais il a toujours estimé qu’un accord ne pourrait passer que par un dialogue de personne à personne. De son côté, Vladimir Poutine avait déjà posé ses conditions. Il répète qu’il ne rencontrera Zelensky qu’une fois qu’un accord de paix aura été entièrement ficelé par les équipes de négociation. Et il continue de mettre en doute la légitimité de son homologue ukrainien, dont le mandat a expiré en 2024. Sous la loi martiale, aucune élection ne peut avoir lieu en Ukraine.
Cette initiative diplomatique intervient dans un contexte militaire tendu. La veille, l’Ukraine a mené des frappes de drones contre un terminal pétrolier et une base navale près de Saint-Pétersbourg, la ville natale de Vladimir Poutine, alors que s’ouvrait le Forum économique international. En représailles, le président russe a reconnu jeudi que son pays devait « améliorer » et « renforcer » sa défense antiaérienne. Sur le terrain, Moscou affirme avancer sur l’ensemble de la ligne de front, mais des analyses récentes montrent que l’Ukraine a repris environ 282 kilomètres carrés en mai, réduisant la zone sous contrôle russe pour le deuxième mois consécutif. Dans sa lettre, Zelensky avertit : « Si vous ne parvenez pas à conclure qu’il est temps de mettre fin à cette guerre, l’Ukraine continuera à se battre pour son existence. » Vladimir Poutine, lui, se dit toujours prêt à négocier, mais n’exclut pas un contrôle total de Moscou sur le Donbass. Les positions restent donc profondément opposées, et aucun compromis ne semble encore à portée de main.
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