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Économie

Une lueur d espoir pour Fibre Excellence l offre de reprise déposée pour sauver 670 emplois

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Une offre de reprise a été déposée pour les deux dernières usines de pâte à papier françaises. Portée par le président du groupe et soutenue par les régions elle pourrait sauver 670 emplois directs et toute une filière.

Lundi, une proposition de reprise a été présentée au tribunal de commerce de Toulouse pour Fibre Excellence, le propriétaire des deux ultimes sites de production de pâte à papier en France, à Saint-Gaudens et Tarascon. L’offre émane du président Jean-François Guillot et de son équipe de direction. Leur objectif est clair créer une nouvelle entité qui reprendrait l’intégralité des actifs et des 670 salariés. Cette démarche intervient après que l’actionnaire indonésien a décidé de se retirer, jugeant l’activité trop peu rentable malgré près de 300 millions d’euros déjà investis. L’entreprise avait été placée en redressement judiciaire fin avril, et le tribunal avait fixé au 1er juin la date limite pour déposer des offres. Pour l’instant, celle-ci est la seule sur la table. Une audience est prévue le 17 juin pour l’examiner, mais avant cela, la direction doit présenter mercredi la trésorerie du groupe.

Les salariés veulent croire à ce plan de sauvetage, mais des inquiétudes subsistent. Comme l’explique le délégué CGT, l’offre est soumise à des clauses suspensives à lever d’ici le 17 juin. Le point le plus sensible concerne le prix de l’électricité produite par les usines à partir de bois et de copeaux. Cette activité complémentaire est devenue déficitaire avec la flambée des cours du bois, ce qui plombe les comptes du groupe. Le gouvernement a proposé de relever de 20% le tarif de rachat de cette électricité, mais la direction juge cette hausse insuffisante. L’État avait conditionné cette augmentation à un déblocage de fonds par l’actionnaire indonésien, qui a refusé. Le représentant syndical craint que cette impasse ne compromette la reprise. Les régions Occitanie et Sud ont apporté leur soutien financier, avec 5 millions d’euros pour la première, mais le compte n’y est pas encore.

L’enjeu dépasse largement les 670 salariés directs. La filière bois tout entière retient son souffle. Les deux usines consomment chaque jour l’équivalent de 135 semi-remorques de bois. C’est un débouché vital pour des milliers de fournisseurs, de l’Occitanie à la Nouvelle-Aquitaine en passant par l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Provence-Alpes-Côte d’Azur. Depuis la mise à l’arrêt des sites fin avril, ces producteurs de bois subissent un manque à gagner immédiat et doivent relever un défi logistique stocker d’énormes volumes sans débouché habituel. Le délégué général de Fibois Occitanie alerte des milliers d’emplois indirects sont en jeu. La décision du tribunal le 17 juin sera donc scrutée de très près, non seulement par les salariés, mais par toute une économie régionale qui dépend de ces deux géants de la pâte à papier.

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