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Une affaire d’espionnage industriel et militaire démantelée en Gironde


Deux ressortissants chinois ont été interpellés dans le sud-ouest de la France. Ils sont soupçonnés d’avoir tenté d’intercepter des communications satellitaires sensibles pour le compte de Pékin.
Les autorités judiciaires françaises ont présenté, ce mercredi, quatre individus devant un magistrat instructeur. Cette procédure fait suite à leur interpellation samedi dernier en Gironde. Parmi eux, deux citoyens chinois sont suspectés d’avoir mené des opérations de captation de données à caractère stratégique, avec l’intention présumée de les transmettre à leur pays d’origine.
Selon les éléments du dossier, les deux hommes avaient séjourné dans un logement touristique où ils avaient installé un équipement technique sophistiqué. Ce dispositif, comprenant des antennes paraboliques et des ordinateurs, était capable d’intercepter des flux satellitaires. L’enquête, confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a été déclenchée après le signalement de riverains intrigués par la présence d’une parabole de grande taille et des perturbations de leurs connexions internet.
Les investigations ont permis de saisir le matériel et de constater des infractions aux réglementations sur l’utilisation des fréquences radioélectriques. Le parquet de Paris estime que les activités menées visaient spécifiquement à collecter des informations émanant d’entités d’importance vitale, notamment dans le domaine de la défense. La technologie Starlink aurait été une cible particulière de ces manœuvres.
Les deux autres personnes interpellées, qui se sont présentées sur les lieux, sont soupçonnées d’avoir participé à l’importation illégale de l’équipement. Leurs déclarations indiqueraient que les suspects cherchaient à analyser le fonctionnement du réseau satellitaire. Dans le cadre de leur demande de visa, les deux principaux intéressés s’étaient présentés comme ingénieurs pour une entreprise de télécommunications collaborant avec des universités.
Cette affaire intervient dans un contexte où plusieurs États européens font face à des activités d’ingérence présumées. Ces dernières semaines, des procédures judiciaires similaires impliquant des soupçons d’espionnage au profit de la Chine ont été rendues publiques en Allemagne et en République tchèque. En France, un universitaire bordelais fait déjà l’objet de poursuites pour des faits distincts mais liés à des suspicions d’ingérence.
Les magistrats ont requis le placement en détention provisoire pour les deux ressortissants chinois. L’information judiciaire, ouverte pour des chefs d’accusation graves, porte sur la livraison d’informations à une puissance étrangère, un crime passible de quinze années de réclusion. L’enquête se poursuit sous l’autorité du pôle spécialisé en cybercriminalité du parquet de Paris.





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