Faits Divers
Un prêtre breton échappe aux poursuites pour viol, mais sera jugé pour usage de stupéfiants


La justice a ordonné un non-lieu concernant les accusations d’agression sexuelle portées par un adolescent. Le religieux, qui nie avoir connu la minorité du plaignant, devra toutefois répondre de consommation de drogues devant le tribunal correctionnel de Paris.
Un juge d’instruction parisien a mis fin aux poursuites pour viol à l’encontre d’un prêtre originaire de Bretagne. Cet homme d’Église, âgé de 55 ans, avait été mis en examen en novembre 2022 à la suite d’une plainte déposée par un adolescent de quinze ans. Le magistrat a cependant estimé que les éléments recueillis ne justifiaient pas une poursuite pour des faits de nature sexuelle. En revanche, il a renvoyé l’ecclésiastique devant le tribunal correctionnel pour usage de substances stupéfiantes, conformément aux réquisitions du parquet.
L’affaire avait provoqué une vive émotion au sein du diocèse de Rennes, où l’intéressé exerçait son ministère pastoral. Les accusations portées survenaient dans un contexte déjà marqué par de multiples révélations d’agressions sexuelles sur mineurs au sein de l’institution catholique. Dès la mise en examen, l’archevêque de Rennes avait signalé les faits au Vatican afin qu’une procédure canonique soit engagée. Il a depuis indiqué que le prêtre concerné n’exerçait plus aucune fonction ministérielle.
Les événements remontent à un jour de novembre 2022, lorsque les secours parisiens sont intervenus pour porter assistance à un adolescent se plaignant de douleurs et affirmant avoir été drogué. Lors de son audition par les enquêteurs, le jeune homme a d’abord relaté une rencontre fortuite dans un bar, avant de modifier sa version. Il a finalement reconnu avoir échangé avec un homme sur une application de rencontres, où il s’était présenté comme majeur. Les deux individus se seraient ensuite retrouvés dans un hôtel parisien, où ils ont consommé des drogues de synthèse avant d’avoir des relations sexuelles, que le mineur a décrites comme consenties mais brutales.
De son côté, le prêtre a confirmé les circonstances matérielles de la rencontre et la consommation commune de produits stupéfiants. Il a toutefois toujours nié avoir eu connaissance de la minorité de son interlocuteur et a insisté sur l’absence de toute contrainte. Les investigations ont par ailleurs mis en lumière le mode de vie de l’ecclésiastique, évoquant une pratique régulière du « chemsex », qui associe relations sexuelles et prise de substances psychoactives.
L’expertise psychiatrique ordonnée durant l’enquête a souligné la fragilité du plaignant, notant chez lui un rapport obsessionnel à la sexualité, lié à une consommation précoce et intensive de contenus pornographiques. Ces éléments, joints à l’absence d’éléments caractérisant une administration de substance à son insu ou un acte non consenti, ont conduit les magistrats à requérir puis à prononcer le non-lieu pour les chefs de viol et d’administration de substance. L’affaire judiciaire se poursuit donc, mais uniquement sur le volet relatif à l’usage de stupéfiants. La procédure canonique, quant à elle, reste du ressort des autorités vaticanes.





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