Faits Divers
Aubagne, un deuxième adolescent devant la justice après la fusillade
Un second mineur est présenté à un juge d’instruction dans l’enquête sur l’attaque du collège Lakanal. La justice antiterroriste cherche à établir son…


Un second mineur est présenté à un juge d’instruction dans l’enquête sur l’attaque du collège Lakanal. La justice antiterroriste cherche à établir son rôle dans une affaire liée à la mouvance True Crime Community.
Après la fusillade qui a visé le collège Lakanal à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, un deuxième mineur doit être interrogé par un juge d’instruction. Placé en garde à vue, il sera présenté au magistrat, qui devra décider de sa mise en examen ou non. L’information judiciaire ouverte dans ce dossier devra préciser son rôle présumé dans l’attaque. Lors de celle-ci, un adolescent de 14 ans, scolarisé dans l’établissement, avait pénétré dans l’enceinte du collège habillé entièrement de noir et portant des gants. Une arme à feu était cachée dans un étui de guitare. C’est un conseiller principal d’éducation qui a mis fin à l’attaque en le désarmant. Le collégien auteur des coups de feu a ensuite été mis en examen et incarcéré.
Les investigations se penchent sur la trace numérique du collégien mis en cause. La perquisition de son logement a mis au jour une multitude de profils sur des plateformes comme Protonmail, Discord, Snapchat ou TikTok. Un de ces profils servait uniquement à repartager des contenus d’une violence extrême, souvent en lien avec des fusillades en milieu scolaire. Les magistrats antiterroristes rattachent l’affaire à un courant apparu en Amérique du Nord, la True Crime Community, obnubilé par les tueries de masse. Cette mouvance, désignée par le sigle TCC, inquiète les autorités françaises.
Le parcours du principal mis en cause pose question. Il serait le plus jeune à avoir commis un passage à l’acte dans une procédure antiterroriste. Les responsables judiciaires voient dans la sphère TCC un sujet de vigilance, tout en la classant parmi les menaces les plus marginales. La menace jihadiste, elle, représenterait près de 88 % des dossiers traités, mineurs compris. Quelques dizaines de jeunes rattachés à cette mouvance font l’objet d’une surveillance de sécurité. Le phénomène gagne du terrain en France.
Pour les victimes et la communauté éducative, l’essentiel est de comprendre comment un adolescent a pu en arriver là. Au collège Lakanal, la principale et une professeure ont été blessées. La mise en examen de l’auteur présumé, puis l’audition de ce second mineur, doivent aider à retracer les jours précédant l’attaque. Les enquêteurs veulent aussi déterminer si d’autres personnes ont pu encourager, accompagner ou inspirer son geste. Les appareils numériques saisis resteront au centre de ces vérifications.
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