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Primaire à gauche, cinq prétendants et un scrutin bousculé par une cyberattaque

Quelque 140.000 électeurs ont jusqu’à dimanche 18H00 pour désigner leur champion social-démocrate parmi cinq candidats. Une attaque informatique a retardé…

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Primaire à gauche, cinq prétendants et un scrutin bousculé par une cyberattaque

Quelque 140.000 électeurs ont jusqu’à dimanche 18H00 pour désigner leur champion social-démocrate parmi cinq candidats. Une attaque informatique a retardé le vote et brouillé les pronostics.

La primaire de la gauche sociale-démocrate joue ses dernières heures. Environ 140.000 personnes inscrites ont jusqu’à dimanche 18H00 pour trancher entre cinq prétendants, selon un vote exclusivement électronique. Le résultat doit tomber juste après la fermeture des urnes.

Sauf que le processus a été percuté de plein fouet. Vendredi matin, à l’ouverture du scrutin, une cyberattaque a ralenti les connexions sur la plateforme dédiée, contraignant les organisateurs à prolonger l’opération jusqu’à dimanche 18H00. Pour le président de la commission d’organisation, Patrick Mennucci, il s’agit d’une attaque contre la démocratie française qui dépasse très largement le cadre de cette primaire. Le vote a pu reprendre normalement le vendredi soir. Samedi à 22H00, plus de 107.000 personnes s’étaient déjà exprimées. De quoi rendre l’issue du scrutin plus floue que jamais.

Raphaël Glucksmann part avec une longueur d’avance. L’eurodéputé espère être désigné dès le premier tour, porté par ses nombreux appuis chez les socialistes, notamment les chefs des deux groupes parlementaires à l’Assemblée et au Sénat, et par ses troupes de Place publique. Il voit dans ce rendez-vous le point de départ d’une refondation de la gauche, avec une séparation nette d’avec La France insoumise. Face à lui, le premier secrétaire du PS Olivier Faure mise sur le réflexe d’appartenance au parti. Les enquêtes d’opinion ne lui accordent toutefois que 3 à 5% des intentions de vote, quand l’eurodéputé navigue entre 10 et 12%. Un second tour est prévu les 16 et 17 octobre si personne ne se détache nettement.

Ségolène Royal espère elle aussi tirer son épingle du jeu, vingt ans après sa qualification au second tour d’une présidentielle. Un sondage publié vendredi la place en deuxième position dans les préférences des Français, derrière l’eurodéputé et devant Olivier Faure. Les députés Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel font, eux, figure d’outsiders. Reste une inconnue de taille. Une grande partie des votants ne vient pas des partis organisateurs et s’est inscrite sur une plateforme dédiée, ce qui rend le corps électoral difficile à cerner.

Les débats télévisés ont laissé des traces. Le principal point de friction reste Jean-Luc Mélenchon et son mouvement. Raphaël Glucksmann plaide pour une rupture franche avec le leader insoumis, qu’il accuse de jouer avec les codes de l’antisémitisme, et reproche à Olivier Faure d’avoir déjà tendu la main à deux reprises, au temps de la Nupes en 2022 puis du Nouveau Front populaire en 2024. Réponse du patron du PS, l’eurodéputé regarderait trop du côté du centre, ce qui ravive le soupçon de macronisme. Olivier Faure va plus loin et soutient qu’une victoire de son concurrent signifierait l’effacement du PS à la présidentielle. Ségolène Royal, de son côté, dénonce un hold-up du fondateur de Place publique sur le parti. Ce dernier réplique qu’il est le seul à croire réellement à une victoire de la social-démocratie et que ses rivaux cultivent l’esprit de défaite. Autant de divisions qui annoncent un rassemblement compliqué derrière le vainqueur.

Jean-Luc Mélenchon, lui, prend son mal en patience. Il dit attendre que la primaire se passe, jugeant qu’ensuite le tableau sera plus stabilisé, avant de lâcher, ironique, que ce ne sera pas tout à fait de leur côté. Le nombre de participants raconte enfin une autre histoire. Plus de 90.000 inscrits étaient espérés, et la primaire a fait mieux. Elle reste pourtant très loin des grandes heures du PS, avec 2,6 à 2,8 millions de votants en 2012 et encore 1,6 à 2 millions en 2017.

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