Nous rejoindre sur les réseaux

Société

Les lycéens claquent la porte et promettent de tenir bon

Troisième rencontre avec le ministre de l’Éducation, troisième échec. Les organisations lycéennes ont quitté la table et préviennent que la mobilisation…

Article

le

Les lycéens claquent la porte et promettent de tenir bon

Troisième rencontre avec le ministre de l’Éducation, troisième échec. Les organisations lycéennes ont quitté la table et préviennent que la mobilisation se poursuivra, vacances scolaires ou pas.

Trois échanges, et toujours le même mur. Entre Edouard Geffray et les organisations lycéennes, la visioconférence n’a débouché sur rien. Pire, elle n’a duré qu’une heure avant que la délégation ne se lève. Marius Mesnil, co-secrétaire général de l’Union syndicale lycéenne, résume la situation sans détour. Personne ne les écoute, dit-il en substance, et la réunion annoncée pour lundi se tiendra sans eux, parce qu’elle ne servirait à rien. Son organisation veut désormais frapper à une autre porte, celle de Matignon, plutôt que de repasser par le ministère.

Le constat est partagé ailleurs. Louis Letoublon, vice-président des Lycéens!, avoue une amertume tenace alors que son camp n’attendait rien de cette rencontre. Son syndicat appelle de nouveau les élèves à descendre dans la rue, aux côtés des mécontents de tous bords, gilets jaunes et agriculteurs compris. Du côté de Renouveau lycéen, Nathanaël Combary fixe deux exigences précises, des États généraux pour repenser entièrement Parcoursup et un plan national pour rénover les bâtiments scolaires.

Face à ces critiques, Edouard Geffray a sorti ses chiffres. Les 3.000 professeurs remplaçants promis après un précédent round de discussions portent leurs fruits, assure-t-il. Le nombre d’établissements en grande difficulté est passé de 114 à 41 en l’espace d’une semaine. Sur Parcoursup, des mesures concrètes tomberont avant la fin du mois. Des annonces qui n’ont pas suffi à débloquer quoi que ce soit.

Plus tôt, le ministre s’était rendu dans un lycée de Lormont, près de Bordeaux, partiellement saccagé. La région chiffre les dégâts à au moins 250.000 euros. Devant les lieux, Edouard Geffray n’a pas mâché ses mots, traitant les auteurs de ces actes de criminels, avant de remercier les personnels qui ont sauvé des jeunes, mais aussi des adultes. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a lui aussi haussé le ton, fustigeant la transformation du mouvement lycéen en mouvement de violences urbaines, une manière selon lui d’insulter les élèves venus exprimer leur angoisse ou leurs revendications.

La mobilisation, elle, n’a pas faibli. Des rassemblements spontanés ont réuni plusieurs centaines de personnes à Bordeaux, Lille et Aubervilliers. À Saint-Denis, les personnels du lycée Paul-Eluard, l’un des points chauds de la contestation, ont dénoncé l’intervention jugée violente de policiers en civil venus interpeller un élève dans l’enceinte de l’établissement. Edouard Geffray a répondu qu’un cadre légal existait, évoquant des violences très fortes, notamment contre les chefs d’établissement, et renvoyant à la justice le soin de démêler le vrai du faux.

Le ras-le-bol gagne aussi les coulisses. Les proviseurs étaient appelés à ne traiter que les urgences, façon de signifier leur fatigue. Une élève de l’ENS Lyon, qui préfère rester anonyme, décrit des professeurs à bout, pessimistes, qui lui demandent d’organiser des temps de réflexion entre étudiants pour comprendre comment continuer à faire cours. Eux non plus ne savent pas gérer la situation, ni à court ni à long terme, confie-t-elle.

Le bilan humain reste lourd. Près de 900 policiers et gendarmes ont été blessés depuis le début de la contestation, ainsi que plus de 200 lycéens et près de 150 personnels de l’Éducation. Trente-six enquêtes ont été ouvertes, dont quatre pour des blessures mutilantes et six pour des blessures significatives. Le gouvernement mise sur les vacances scolaires pour éteindre le feu dans les 3.700 lycées du pays. Un pari loin d’être gagné, puisque les organisations de jeunesse appellent à rejoindre les gilets jaunes lors d’un prochain rassemblement contre la vie chère.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus