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Ménopause, la fin du grand flou

Dix-sept millions de femmes concernées, et une prise en charge qui repose encore trop souvent sur la débrouille de chacune. Une salve de mesures vient…

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Ménopause, la fin du grand flou

Dix-sept millions de femmes concernées, et une prise en charge qui repose encore trop souvent sur la débrouille de chacune. Une salve de mesures vient d’être annoncée pour sortir le sujet du silence.

Fin de l’activité ovarienne, arrêt des cycles menstruels. Derrière cette définition clinique se cache une réalité bien plus large, avec des symptômes parfois invalidants et des risques qui s’installent dans le temps, ostéoporose, problèmes cardiovasculaires, troubles cognitifs. Pourtant, la ménopause reste très largement un angle mort. La ministre de la Santé l’a reconnu sans détour. La réponse apportée aujourd’hui dépend encore trop souvent de la capacité de chaque femme à se débrouiller seule. Un constat sévère, posé devant un parterre réuni pour un premier rendez-vous national entièrement consacré à la question.

Du concret, donc. Le dispositif Mon Bilan Prévention, proposé notamment entre 45 et 50 ans, va être renforcé pour mieux orienter les femmes vers les bons interlocuteurs. Autre chantier, l’accès aux soignants. Des négociations doivent s’ouvrir dans les prochaines semaines entre l’Assurance maladie et les sages-femmes autour d’une consultation longue ménopause, pensée comme un bilan global de santé. L’organisation nationale des sages-femmes parle d’une avancée importante, tout en attendant la fameuse lettre de cadrage qui fixera les priorités.

Reste la question qui fâche, celle du traitement hormonal. Près d’une femme sur deux n’a aucun suivi gynécologique, et les sages-femmes se disent prêtes à assurer ces consultations longues comme à prescrire ce traitement. La ministre a saisi la Haute autorité de santé pour savoir à quelles conditions elles pourraient y être autorisées. Le sujet divise. Certaines sociétés savantes de gynécologues médicaux se montrent réticentes à l’idée de déléguer cette prescription, quand d’autres estiment qu’il n’y a pas vraiment de choix, tant l’accès aux gynécologues demeure compliqué.

L’information n’est pas en reste, et le chantier est immense. De nouvelles recommandations de la HAS sont attendues pour la mi-2027, destinées aux soignants et intégrées à leur formation continue, avec des versions pensées pour les patientes. Une campagne nationale de sensibilisation doit voir le jour en janvier, accompagnée sans attendre d’un guide de bonnes pratiques à l’usage des créateurs de contenus. Car le vide laissé par le manque d’informations fiables se remplit vite, entre promesses de miracles, affirmations invérifiables, faux professionnels et contenus purement commerciaux. Et les outils de traduction dopés à l’intelligence artificielle ne font qu’accélérer la circulation de fausses informations.

La ménopause déborde aussi du cadre du cabinet médical. Elle ne doit plus freiner la vie professionnelle des femmes, plaide le ministre du Travail, qui évoque des solutions très concrètes comme un aménagement des horaires ou quelques jours de télétravail, à construire dans le respect du dialogue social. Sur le terrain, le tabou tient bon. Les jours de congé existants ne correspondent pas aux besoins réels, souligne-t-on du côté de l’agence chargée de l’amélioration des conditions de travail, qui appelle à des adaptations d’organisation bien plus fines.

Reste à mesurer ce que tout cela changera vraiment. Les bénéfices attendus, pour les femmes comme pour les employeurs et la société, vont faire l’objet d’une évaluation confiée au Commissariat à la stratégie et au plan. Les conclusions sont attendues pour la mi-octobre 2027, le jour de la Journée mondiale de la ménopause. Soit quelques mois après l’élection présidentielle.

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