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Le Pen tend la main à Zelensky tout en promettant de fermer le robinet à Kiev

Arrêter l’aide financière à l’Ukraine dans les six mois qui suivraient une éventuelle arrivée au pouvoir, c’est la promesse de Marine Le Pen. En…

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Le Pen tend la main à Zelensky tout en promettant de fermer le robinet à Kiev

Arrêter l’aide financière à l’Ukraine dans les six mois qui suivraient une éventuelle arrivée au pouvoir, c’est la promesse de Marine Le Pen. En parallèle, elle se dit prête à rencontrer Volodymyr Zelensky, alors que ses lieutenants reprochent au président ukrainien son ton donneur de leçons.

Elle a remis la promesse sur la table, et ça a fait réagir. Marine Le Pen veut couper les financements français à Kiev dans les six mois qui suivraient sa possible élection à l’Elysée. Une sortie qui a déclenché une volée de critiques chez ses concurrents. Edouard Philippe parle de « trahison ». Raphaël Glucksmann de « capitulation, soumission ». Gabriel Attal assène qu’elle veut « laisser les Ukrainiens se faire trucider » et que ça ne lui pose aucun problème. Dans leur sillage, tous soupçonnent la cheffe de file du Rassemblement national de « servir les intérêts de la Russie », voire de « prendre ses ordres à Moscou ». Des attaques classiques pour le parti à la flamme.

La réponse venue de Kiev, en revanche, les a pris de court. Volodymyr Zelensky a mis en avant le caractère « gagnant-gagnant » d’une coopération entre les deux pays, en particulier sur les technologies d’armement. L’expérience du combat, selon lui, profiterait directement à l’industrie militaire française. Il a tout de même glissé que Marine Le Pen « ne maîtrise pas bien certains détails ». La pique a mal passé. Sébastien Chenu, vice-président du RN, estime que le président ukrainien ne devrait pas afficher une telle « condescendance », alors que sa cheffe, elle, « ne le prend pas en traître » en le prévenant un an à l’avance. Laure Lavalette, porte-parole de la favorite des sondages, dénonce de son côté une forme de « chantage affectif » et une « grande leçon de patriotisme assez sidérante » venue d’un dirigeant dont le pays subit une invasion depuis février 2022.

Marine Le Pen, elle, a choisi un ton plus doux. Elle assure n’avoir « rien à titre personnel » contre Volodymyr Zelensky, se dit prête à débattre du sujet avec lui quand il le souhaitera, et même à se rendre à Kiev s’il veut discuter. Mais le fond ne bouge pas. Pour elle, la France « n’a plus les moyens financiers d’apporter une aide » qui lui coûte « six milliards d’euros par an ». Cette somme, elle compte la récupérer dans le cadre de son plan d’économies de 140 milliards d’euros sur le prochain quinquennat. Plus un centime au-delà du grand prêt européen déjà acté pour cette année et la suivante, donc. Son argument tient en une phrase. « Nous ne pouvons plus nous permettre de ne pas réserver à notre peuple l’argent qu’ils ont versé par l’intermédiaire de leurs impôts. » L’aide militaire, elle, continuerait, éventuellement sous forme de matériel.

Le contexte ne facilite rien. Le président américain Donald Trump a annoncé coup sur coup un accord avec la Russie pour l’achat de diesel et appelé les Ukrainiens à « se doter d’un nouveau dirigeant », pendant que l’accès à un réseau satellite américain essentiel à la défense de Kiev était restreint sans explication officielle. Dans ces conditions, une chercheuse du Conseil européen pour les relations internationales anticipe que « les Français ne vont pas forcément supporter qu’on abandonne l’Ukraine » à l’entrée d’un nouvel « hiver absolument douloureux ». À ses yeux, la candidate prend « un risque politique » en adoptant « une position tout à fait populiste » à un moment où il faudrait plutôt « se serrer les coudes avec les autres Européens ».

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