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À Kiev, le premier abri antiaérien de rue sort de terre et déclenche surtout des moqueries

La mairie de la capitale ukrainienne a présenté une petite structure en béton destinée à protéger les passants pendant les alertes. Après plus de quatre…

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À Kiev, le premier abri antiaérien de rue sort de terre et déclenche surtout des moqueries

La mairie de la capitale ukrainienne a présenté une petite structure en béton destinée à protéger les passants pendant les alertes. Après plus de quatre ans de guerre et des frappes devenues quotidiennes, beaucoup y voient un geste bien tardif.

La municipalité de Kiev a dévoilé ce qu’elle présente comme son tout premier abri antiaérien installé à même la rue. L’ouvrage, monté près d’un arrêt de transport en commun le long d’une grande avenue, prend la forme d’un petit bloc de béton. Dix personnes peuvent s’y asseoir, et un emplacement est prévu pour un fauteuil roulant. Sa fonction, selon l’administration de la capitale, consiste à offrir une protection temporaire pendant les alertes aériennes. Quatorze autres structures du même type sont annoncées pour les mois à venir.

Jusqu’ici, quand les sirènes retentissent, les habitants se précipitent dans le métro, descendent à la cave ou se réfugient dans des parkings. Depuis l’été, les attaques russes sur la ville se sont multipliées au point de devenir quotidiennes. Elles ont fait des dizaines de morts et de blessés. Ces trois dernières semaines, elles ont aussi privé une partie de la population d’eau et d’électricité. Dans ce quotidien, l’arrivée d’un abri de dix places ressemble à une goutte d’eau.

Le dévoilement n’a pas produit l’effet espéré. Les railleries ont fusé, venues d’internautes comme de responsables politiques. Un habitant, Ivan Tykhenko, a résumé le sentiment ambiant sur Facebook. « Le premier abri mobile quand la guerre est entrée dans sa cinquième année. Il peut accueillir 10 personnes… Bravo – je reste sans voix », a-t-il écrit. Le député Yaroslav Yourtchyshyn a lui aussi pointé la lenteur du chantier. « Pour l’instant, il n’y a qu’un seul abri de ce type… Il vaut mieux ne pas attendre le bus à d’autres arrêts, car à ce rythme, ils ne commenceront pas à construire le deuxième avant cinq ans », a-t-il lancé.

Derrière les quolibets se joue aussi un bras de fer politique. Le président Volodymyr Zelensky et le maire de Kiev, Vitali Klitschko, s’opposent depuis des années, et le chef de l’État a plusieurs fois reproché à la capitale son manque de préparation. Il vient encore de critiquer le calendrier des mesures prises avant l’hiver, qu’il juge trop tardives. Pour les habitants, la question reste très concrète. Dix sièges de béton changent peu de chose face à des alertes devenues quotidiennes, et les quatorze abris suivants ne sont, pour l’heure, qu’une promesse.

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