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Zelensky à Bruxelles pour resserrer les rangs face aux coups de Washington

Le président ukrainien est venu chercher des missiles et des munitions auprès de ses alliés européens, alors que Moscou a lancé environ un millier de…

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Zelensky à Bruxelles pour resserrer les rangs face aux coups de Washington

Le président ukrainien est venu chercher des missiles et des munitions auprès de ses alliés européens, alors que Moscou a lancé environ un millier de drones en une seule journée. Dans le même temps, Kiev a relancé ses frappes contre les raffineries russes, à rebours des reproches de Donald Trump.

Volodymyr Zelensky est arrivé à Bruxelles avec une priorité en tête, obtenir de ses partenaires européens un soutien réaffirmé. Avant même le sommet qui réunit jeudi et vendredi les dirigeants du continent, il s’est entretenu avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, pour insister sur un point précis. L’urgence de réapprovisionner l’Ukraine en missiles intercepteurs et en munitions, alors que les frappes russes redoublent d’intensité. Le président ukrainien a donné la mesure du phénomène, affirmant que depuis minuit la veille et jusqu’à cet instant, les Russes avaient tiré environ un millier de drones. De son côté, Mark Rutte a mis en avant la nécessité de mettre en œuvre la trêve énergétique, évoquée dimanche mais jamais confirmée. Un sujet que Volodymyr Zelensky n’a pourtant pas mentionné dans son compte-rendu de la rencontre.

Sur le front de l’énergie, la donne a changé ces derniers jours. L’Ukraine a annoncé jeudi avoir repris ses attaques contre les raffineries russes après une pause, dans le sillage de l’annonce unilatérale du président américain. Moscou, qui n’a de son côté jamais cessé de frapper le territoire ukrainien, a affirmé qu’une de ses raffineries était en feu après une attaque massive de drones et de missiles. Donald Trump a reproché à plusieurs reprises à Kiev de viser les sites énergétiques russes, jugeant que ces frappes aggravaient la pénurie mondiale de carburant et nourrissaient la flambée des prix. Pour les autorités ukrainiennes, la logique est tout autre. Il s’agit de tarir la manne des hydrocarbures qui permet au Kremlin de financer son invasion. De nombreuses raffineries et dépôts ont été visés ces dernières années, provoquant des pénuries de carburant en Russie.

Face aux Européens, qu’il a commencé à croiser dès jeudi après-midi, Volodymyr Zelensky a répété la même idée. Maintenir la pression sur Moscou. « Nous voulons tous en Europe que cette guerre prenne fin. Et pour que cela arrive, il faut des signaux forts, plus de pression réelle sur la Russie et davantage de soutien en matière de défense pour l’Ukraine », a-t-il martelé, à la veille d’une session de travail avec les dirigeants des 27. Emmanuel Macron a assuré, après sa rencontre avec son homologue ukrainien, qu’il était capital de donner à l’Ukraine les moyens de se défendre. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a lui choisi les réseaux sociaux pour afficher son soutien, assurant aux Ukrainiens qu’ils n’étaient pas seuls.

La question des services satellitaires a également pesé sur les discussions. Kiev a fait part de restrictions dans l’usage des systèmes de la société d’Elon Musk, jugés cruciaux pour son armée. Le milliardaire, qui réclame comme Donald Trump le départ de Volodymyr Zelensky du pouvoir, a déclaré que tout ralentissement du réseau militaire Starshield en Ukraine relevait du gouvernement américain et non de SpaceX. Une source au sein du ministère ukrainien de la Défense a indiqué jeudi que les opérations en cours avaient été rétablies, Kiev cherchant désormais à clarifier les raisons des restrictions de la veille. L’Ukraine a aussi regretté de ne pas avoir été prévenue d’attaques russes imminentes ces derniers jours. Les Américains ont évoqué un problème technique. Volodymyr Zelensky a balayé cette explication dans un entretien, affirmant que rien n’avait été accidentel.

À leur arrivée à Bruxelles, les dirigeants européens se sont montrés prudents sur ces incidents et sur les dernières sorties de Donald Trump. La Première ministre danoise Mette Frederiksen a résumé la situation avec diplomatie, estimant que l’alliance occidentale se trouvait aujourd’hui dans une position plus fragile qu’il y a quelques jours. La plupart reconnaissent toutefois que le lien transatlantique reste indispensable au combat des Ukrainiens. « Bien sûr que nous comptons sur eux », a déclaré le Premier ministre estonien Kristen Michal à propos des États-Unis.

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