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Le Cern et Mistral s’allient pour donner aux physiciens une IA taillée sur mesure

L’organisation européenne pour la recherche nucléaire et la start-up française Mistral vont concevoir ensemble un modèle d’intelligence artificielle dédié…

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Le Cern et Mistral s'allient pour donner aux physiciens une IA taillée sur mesure

L’organisation européenne pour la recherche nucléaire et la start-up française Mistral vont concevoir ensemble un modèle d’intelligence artificielle dédié aux données du plus grand accélérateur de particules du monde. Baptisé Flare, il apprendra son métier sur des milliards de collisions simulées.

Sous terre, près de Genève, des particules sont propulsées les unes contre les autres à des vitesses vertigineuses, à l’intérieur d’un anneau long de plusieurs kilomètres. À chaque impact, les chercheurs en apprennent un peu plus sur la nature de la matière. Encore faut-il réussir à lire ce que racontent les détecteurs du Grand collisionneur de hadrons, qui enregistrent des quantités astronomiques d’informations.

Pour y parvenir, le Cern mise déjà sur l’intelligence artificielle. Le problème, c’est que les outils disponibles aujourd’hui sont le plus souvent taillés pour une seule mission. Chacun sait faire une chose, et une seule. Résultat, il faut multiplier les programmes, les adapter sans cesse, jongler entre les différents détecteurs de l’anneau. Un casse-tête pour des équipes qui cherchent surtout à comprendre la physique, pas à bricoler des logiciels.

C’est là que Mistral entre en scène. Les deux partenaires veulent mettre au point un modèle unique, capable de mener plusieurs types d’analyses à la fois et de s’attaquer aux données issues de détecteurs différents. Une seule intelligence artificielle, donc, au lieu d’une collection d’outils cloisonnés. Le gain espéré est double, avec des analyses plus précises et des données plus faciles à exploiter.

Pour apprendre, Flare sera nourri de milliards de simulations de collisions entre particules. Autrement dit, il fera ses gammes sur une montagne de scénarios reconstitués avant de se frotter aux mesures réelles. Une manière de le préparer à reconnaître des signaux faibles au milieu d’un bruit de fond colossal, là où chaque détail compte.

Du côté du Cern, on insiste sur la portée de l’opération. Enrica Porcari, qui pilote le système d’information de l’organisation, explique que ce partenariat doit servir à muscler les capacités de l’intelligence artificielle, avec l’idée que les progrès profiteront à toute la communauté des physiciens et seront partagés. Elle rappelle aussi que la physique des hautes énergies constitue un terrain à part, où ces technologies peuvent être développées et éprouvées avec une exigence rare. Un laboratoire grandeur nature, en somme, dont les retombées pourraient dépasser le seul cercle de la recherche fondamentale.

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