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L’Indonésie brûle, l’Asie du Sud-Est suffoque et Singapour sort les griffes

Des incendies incontrôlés à Java ont tué quatre personnes et leurs fumées placent Singapour en tête des villes les plus polluées au monde. Face à ce nuage…

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L'Indonésie brûle, l'Asie du Sud-Est suffoque et Singapour sort les griffes

Des incendies incontrôlés à Java ont tué quatre personnes et leurs fumées placent Singapour en tête des villes les plus polluées au monde. Face à ce nuage toxique, le gouvernement singapourien promet de traîner les entreprises responsables devant la justice.

Quatre personnes ont perdu la vie en combattant les flammes dans le parc national de Bromo Tengger Semeru, dans l’est de Java. Deux agents du parc et deux agents de sécurité figurent parmi les victimes, d’après le ministère indonésien des Forêts. Deux autres personnes ont été grièvement brûlées. Et le front ne faiblit pas. Le ministère a recensé 799 points chauds à travers le pays, contre 372 la veille. Ces points signalent des zones où les satellites repèrent des températures anormalement élevées, sans que cela signifie toujours qu’un incendie y fait rage.

Les fumées, elles, ignorent les frontières. Elles recouvrent une bonne partie de l’Asie du Sud-Est et ont propulsé Singapour en tête des grandes villes les plus polluées de la planète, dans un classement international de surveillance de la qualité de l’air. Kuala Lumpur pointe juste derrière, en deuxième position, et Jakarta se hisse au sixième rang. Du côté singapourien, l’indice de qualité de l’air a grimpé jusqu’à 247, un niveau qualifié de très nocif pour la santé. Résultat concret, des écoles ont fermé dans la région et le nombre de personnes souffrant de troubles respiratoires a bondi.

Le Premier ministre singapourien Lawrence Wong a promis de s’en prendre aux entreprises qui se révéleraient à l’origine des feux indonésiens. Sur Facebook, il a expliqué chercher à identifier les sociétés responsables, assurant que des poursuites seraient lancées sur le fondement de la loi singapourienne sur la pollution transfrontalière dès que les faits seraient établis, avec l’idée d’une action menée conjointement avec d’autres pays. Les juristes, eux, appellent à la prudence. Établir une responsabilité suppose que les autorités acceptent de partager des cartes localisant les foyers d’incendie, et les droits fonciers contradictoires ou qui se chevauchent viennent encore brouiller la piste. Singapour avait déjà ouvert des enquêtes visant quatre entreprises indonésiennes après l’épisode de fumée de 2015, une affaire qui avait tendu les relations diplomatiques. Ces enquêtes n’ont jamais été refermées.

Le scénario, lui, se répète. L’Indonésie affronte régulièrement des feux de forêt pendant la saison sèche, qui court globalement d’avril à octobre. Cette fois, le puissant phénomène El Niño a attisé les flammes, qui ont détruit plus de 900 000 hectares, selon les dernières évaluations. Les experts refusent pourtant de tout imputer au climat. Le défrichement par brûlis et des décennies de dégradation forestière pèsent tout aussi lourd dans l’équation.

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