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Un dollar pour la nature, trente pour sa destruction

Le patron de l’ONU a fustigé les subventions versées aux énergies fossiles, qu’il assimile à un suicide. Son discours tombe à quelques jours d’un grand…

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Un dollar pour la nature, trente pour sa destruction

Le patron de l’ONU a fustigé les subventions versées aux énergies fossiles, qu’il assimile à un suicide. Son discours tombe à quelques jours d’un grand rendez-vous mondial sur la biodiversité.

António Guterres n’a pas pris de gants. Devant des dirigeants réunis en sommet à Erevan, en Arménie, le secrétaire général de l’ONU a affirmé que subventionner les énergies fossiles revenait à subventionner le suicide. Les hydrocarbures font bouillir notre planète et représentent un fléau pour la biodiversité, a-t-il lancé. Ce sommet survient quelques jours avant l’ouverture de la COP17 sur la biodiversité, elle aussi organisée en Arménie.

Derrière ces mots se cache un chantier colossal. Près de 200 États se sont engagés sur un cadre mondial baptisé Kunming-Montréal, adopté lors de la COP15 à Montréal et vu comme l’équivalent de l’accord de Paris pour le climat. Parmi les 23 objectifs figure la promesse de réduire d’au moins 500 milliards de dollars les subventions accordées aux activités qui abîment la nature. Sauf que les efforts patinent.

Le constat du chef de l’ONU est sans détour. La dure réalité, c’est que nous dépensons notre argent pour de mauvaises causes, a-t-il asséné. Pour chaque dollar investi dans la protection de la nature, trente dollars servent à la détruire. Les États visent l’horizon 2030, mais ils accumulent déjà un retard sur la quasi-totalité de leurs engagements. La COP arménienne doit servir à dresser un bilan et à chercher des moyens d’accélérer.

Le monde économique commence lui aussi à bouger. Pas moins de 130 entreprises, parmi lesquelles BNP Paribas, Danone et Hermès, ont adressé une lettre aux États pour réclamer une réforme des incitations financières. Ces aides publiques, évaluées à 2 600 milliards de dollars par an, continuent selon elles d’alimenter un épuisement des ressources naturelles.

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