Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Oregon, un tireur de 16 ans stoppé par un voisin armé, Trump salue un héros

Quatre morts, dont trois enfants, dans une école primaire de Bend. La fusillade relance le bras de fer entre les défenseurs du port d’armes et ceux qui…

Article

le

Oregon, un tireur de 16 ans stoppé par un voisin armé, Trump salue un héros

Quatre morts, dont trois enfants, dans une école primaire de Bend. La fusillade relance le bras de fer entre les défenseurs du port d’armes et ceux qui réclament un encadrement plus strict.

Un adolescent de 16 ans, muni d’un fusil, a fait irruption dans une école primaire de Bend, dans l’Oregon, et tué quatre personnes. Trois d’entre elles étaient des enfants, âgés de 5, 8 et 11 ans. Le jeune tireur a été abattu presque aussitôt par un habitant qui l’avait vu pénétrer dans l’établissement.

Cet habitant s’appelle Kaylub Giamanco, il a 36 ans et deux de ses enfants sont scolarisés dans cette école. Il rentrait chez lui pour sa pause déjeuner quand il a entendu des coups de feu et aperçu le tireur. Son frère Kyle a raconté à NBC qu’il détient un permis de port d’arme dissimulée et qu’il a du mal à réaliser ce qui vient de se passer. Il culpabilise aussi de ne pas avoir pu sauver plus de monde. Donald Trump l’a qualifié de héros, en soulignant qu’une situation terrible avait été limitée parce qu’un homme possédait une arme et savait s’en servir. Son administration se présente comme la garante du Deuxième amendement de la Constitution, qui protège le droit de détenir une arme.

Dans la petite ville de Bend, nichée dans le nord-ouest des États-Unis, le choc ne retombe pas. Cette région vit des paysages naturels, des sentiers de randonnée et des pistes de ski qui attirent chaque année des dizaines de milliers de visiteurs. Les rues sont calmes, toutes les écoles ont gardé portes closes. Kristen Vanetsky, 52 ans, résume le vide ambiant. Son petit-fils devrait être en classe avec ses amis, dit-elle, tout le monde devrait apprendre, s’amuser et attendre le week-end avec impatience. Au lieu de ça, il n’y a plus personne, même les oiseaux ont disparu.

La tuerie a ranimé un débat que les États-Unis connaissent par cœur. La NRA a salué l’intervention d’un habitant respectueux des lois, armé, qui a arrêté le tireur avant qu’il ne fasse plus de victimes, y voyant une preuve de l’héroïsme des citoyens ordinaires. L’argument fait bondir les associations de lutte contre les armes. March For Our Lives, né après la fusillade d’un lycée de Floride en 2018, répond que le débat ne doit pas porter sur la façon dont cela s’est terminé, mais sur la façon dont cela a commencé, avec un système qui a laissé une arme entrer entre les mains d’un gamin de 16 ans. L’association Giffords, qui milite pour un contrôle renforcé, rappelle que cette violence tue des enfants et qu’il faut que cela cesse.

Le sujet n’est pas près de quitter le devant de la scène. Le pays compte plus d’armes en circulation que d’habitants, et les fusillades y rythment le quotidien. En décembre, la Cour suprême, à majorité conservatrice, doit se pencher sur le droit des États et des autorités locales d’interdire, pour cause de dangerosité, la détention de certains fusils semi-automatiques de type AR-15, parmi les plus vendus du pays. Derrière les mots, c’est bien le périmètre du Deuxième amendement qui se joue.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus