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Faits Divers

Un ostéopathe jugé pour 31 viols et agressions sexuelles se dit « idiot » et « maladroit »

Ce procès, qui se tient à Strasbourg, met en lumière des accusations graves portées par 29 anciennes patientes. L’ancien praticien, lui, assure n’avoir…

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Un ostéopathe jugé pour 31 viols et agressions sexuelles se dit "idiot" et "maladroit"

Ce procès, qui se tient à Strasbourg, met en lumière des accusations graves portées par 29 anciennes patientes. L’ancien praticien, lui, assure n’avoir jamais eu d’intention sexuelle et explique ses gestes par une « nullité en anatomie ».

Pendant des années, des femmes sont venues consulter Pierre Garitte pour des douleurs à la mâchoire, au dos ou au genou. Elles lui faisaient confiance, confiantes dans son statut d’ostéopathe. Aujourd’hui, 29 d’entre elles l’accusent de viols et d’agressions sexuelles. Huit viols, 23 agressions au total, selon l’acte d’accusation. Depuis lundi, la cour criminelle du Bas-Rhin examine ces faits. L’homme de 37 ans, père de deux enfants, n’exerce plus. Devant les juges, il a choisi une ligne de défense étonnante. Il parle de « maladresses », d’erreurs de positionnement, d’une « idiotie ». Il affirme qu’il pensait réaliser des « techniques thérapeutiques » et qu’il était « persuadé d’avoir le consentement » de ses patientes. Certaines d’entre elles ont décrit un scénario qui se répète. L’ostéopathe prenait leurs mains et les guidait vers leurs parties intimes. Parfois, il glissait un ou plusieurs doigts dans leur vagin, sans gants, en respirant fort. Une patiente a raconté s’être sentie coupable vis-à-vis de son conjoint, comme si elle l’avait « trompé ». Toutes ont évoqué un sentiment de trahison profonde.

Devant la cour, Pierre Garitte a tenté d’expliquer l’inexplicable. Quand la présidente lui demande comment ses doigts ont pu pénétrer ses patientes, il répond qu’il « a dû être nul en anatomie » et qu’il s’est « mal positionné ». Il insiste sur la petitesse de la zone du périnée et la taille de ses mains. La présidente lui rappelle ses cinq années d’études. Il persiste. À certaines patientes, il avait fait signer une « lettre de consentement », une pratique que le directeur de son école d’ostéopathie a vivement critiquée. Entendu par visioconférence, ce responsable a dénoncé une « grosse fumisterie ». Il a rappelé une règle fondamentale de la profession jamais de pénétration, jamais de gestes sous les sous-vêtements. Sans gants, cela lui paraît « un comble ». Il a également souligné que les étudiants sont sensibilisés à « l’effet blouse blanche », ce petit pouvoir que le soignant ne doit pas détourner. Pour lui, la défense de Pierre Garitte ne tient pas.

Le procès doit se poursuivre jusqu’à mercredi. L’ancien ostéopathe, libre sous contrôle judiciaire, encourt 20 ans de réclusion. Ses explications peinent à convaincre. Les patientes, elles, attendent que la justice reconnaisse ce qu’elles ont vécu.

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