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Un ostéopathe devant la justice pour des violences sexuelles sur vingt-neuf patientes

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Le procès d’un praticien accusé d’avoir violé et agressé sexuellement 29 femmes s’est ouvert lundi à Strasbourg pour deux semaines d’audience.

Pierre Garitte, 37 ans, exerce l’ostéopathie depuis 2014 dans la banlieue aisée d’Eschau, au sud de Strasbourg. Il est renvoyé devant la cour criminelle du Bas-Rhin pour des viols commis sur huit patientes et des agressions sexuelles sur 21 autres, les faits ayant été perpétrés en abusant de l’autorité que lui conférait sa fonction.

Les débats ont débuté par l’examen de questions de procédure, le fond de l’affaire n’étant abordé qu’à partir de mardi. L’audience doit s’achever le 12 juin. Les 29 plaignantes, dont 23 s’étaient constituées parties civiles peu avant l’ouverture, lui reprochent d’avoir touché leurs parties intimes durant les consultations.

Dans cette profession relevant des pratiques de soins non conventionnelles, tout toucher interne est interdit. Lors de sa garde à vue, Pierre Garitte a d’abord soutenu avoir seulement pratiqué des points de pression dans la zone du périnée, avant de reconnaître les gestes incriminés tout en niant toute intention sexuelle. Placé sous contrôle judiciaire, il lui est interdit d’exercer. Son avocat affirme que son client défend son innocence et que ses actes n’avaient aucun caractère sexuel.

Bien que la première plainte remonte à 2018, l’investigation n’a réellement progressé qu’après une plainte pour viol déposée en octobre 2020. En examinant le fichier des patientes, les enquêteurs ont identifié d’autres femmes dénonçant des gestes répréhensibles. Plusieurs avocates des parties civiles soulignent que ces femmes ont confié leur corps à un soignant en croyant que leur vulnérabilité serait protégée par l’éthique médicale, et que cette confiance thérapeutique est au cœur des débats.

Les observatrices notent que voir un professionnel de santé jugé pour violences sexuelles reste rare, mais que le tabou s’estompe depuis une dizaine d’années. Les praticiens sont mieux formés au recueil du consentement, et les patientes osent davantage signaler des actes anormaux. Des procès similaires sont attendus, comme ceux de gynécologues renvoyés pour des faits équivalents.

Pour des représentantes d’associations féministes, invoquer l’absence d’intention sexuelle pour se défendre d’un viol ou d’une agression relève de la désinformation. Consentir à des soins n’implique pas de consentir à tout, et le viol ne fait jamais partie du soin.

Aucune demande de huis clos total n’a été déposée avant l’audience. Une seule plaignante a sollicité un huis clos partiel pour être entendue sans public. Une avocate d’une autre patiente confie que sa cliente souhaite que ce procès aboutisse après plus de cinq ans de procédure, et qu’il serve d’exemple pour d’autres victimes qui n’ont pas osé parler.

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