Économie
Un dernier souffle pour les papeteries françaises

Le président de Fibre Excellence et son équipe viennent de déposer une offre de reprise pour les deux dernières usines de pâte à papier du pays. Mais le projet est suspendu à une clause décisive sur le prix de l’électricité.
C’est un rebondissement dans le feuilleton des usines de Saint-Gaudens et Tarascon. Placé sous redressement judiciaire depuis fin avril, le groupe Fibre Excellence a reçu une proposition de reprise émanant de son propre président, Jean-François Guillot, et de sa direction. L’offre a été présentée lundi aux syndicats, puis déposée au tribunal de commerce de Toulouse. L’objectif est clair : créer une nouvelle entité qui reprendrait la totalité des actifs et les 670 salariés. Les régions Occitanie et Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur ont déjà annoncé leur soutien, avec une participation de 5 millions d’euros pour la première. L’actionnaire indonésien, lui, jette l’éponge après avoir injecté près de 300 millions d’euros, estimant que l’activité n’est plus rentable.
Mais ce plan de sauvetage n’est pas encore signé. Il reste soumis à des clauses suspensives à lever avant le 17 juin, date de l’audience devant le tribunal. Le point le plus sensible concerne le tarif de rachat de l’électricité produite par les usines. Le gouvernement a proposé une hausse de 20% sous conditions, mais la direction la juge insuffisante. Le délégué CGT résume l’inquiétude des salariés : « On va essayer de trouver des solutions, mais je ne suis pas sûr que ça passe. » Sans accord sur ce point, l’équilibre économique de la reprise pourrait vaciller. En attendant, le tribunal a convoqué la direction mercredi pour examiner la trésorerie du groupe.
Au-delà des 670 emplois directs, c’est toute la filière bois qui retient son souffle. Les deux usines consomment l’équivalent de 135 semi-remorques de bois chaque jour. Depuis leur mise à l’arrêt fin avril, les fournisseurs d’Occitanie mais aussi de Nouvelle-Aquitaine, d’Auvergne-Rhône-Alpes et de Provence-Alpes-Côte d’Azur sont durement touchés. Ils doivent stocker des volumes énormes et subissent une perte de débouché majeure. Le délégué général de Fibois Occitanie alerte : ce sont des milliers d’emplois indirects qui sont en jeu. La décision du tribunal le 17 juin sera donc scrutée de près, bien au-delà des murs des deux usines.

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