Économie
Un cheminot à la tête du ministère du Travail

L’ancien président de la SNCF Jean-Pierre Farandou hérite du portefeuille des Solidarités dans un contexte de tensions sociales et de débats sur les retraites.
La nomination de Jean-Pierre Farandou au poste de ministre du Travail et des Solidarités intervient après six années passées à la direction de la SNCF, où il s’est distingué par son approche constante du dialogue social. Cette désignation, officialisée dimanche, lui permet d’intégrer le second gouvernement formé par Sébastien Lecornu après plusieurs jours de négociations avec les forces politiques.
Son parcours à la tête de l’entreprise ferroviaire a été marqué par sa gestion des dossiers sensibles, notamment celui des retraites des cheminots. En 2024, il avait conclu un accord sur la fin de carrière pour assurer le bon déroulement des Jeux olympiques de Paris, une initiative qui avait suscité des critiques dans les rangs de la droite et au sein de l’exécutif. Déjà en 2019, un mois seulement après sa prise de fonction, il avait dû faire face à l’un des mouvements sociaux les plus longs de l’histoire du groupe contre le premier projet de réforme des retraites.
Reconnu pour son écoute par les partenaires sociaux, l’ingénieur des Mines se définit lui-même comme un infatigable du dialogue. Cette qualité a été saluée par des représentants syndicaux, même lorsque leurs positions divergeaient. Son arrivée à la présidence de la SNCF s’était accompagnée d’une mission de transformation de l’établissement public en société anonyme, dans le cadre de la réforme ferroviaire de 2018. Il devait également mettre en œuvre un plan d’économies pour améliorer la compétitivité du groupe.
La pandémie de Covid-19 a constitué l’une des crises les plus sévères de son mandat, avec une paralysie quasi totale du trafic ferroviaire avant une reprise progressive à partir de 2021. Le groupe avait finalement enregistré un bénéfice record de 2,4 milliards d’euros en 2022. Initialement prévu pour s’achever mi-2024, son mandat à la SNCF avait été prolongé à plusieurs reprises. Sa nomination au gouvernement devrait permettre à Jean Castex, ancien Premier ministre et actuel dirigeant de la RATP, de lui succéder à la tête de l’entreprise ferroviaire.

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