Monde
Un chat rescapé des décombres, symbole d’espoir après le double séisme
Trois semaines après le séisme qui a frappé le Venezuela, un étudiant a sorti un chat vivant d’un immeuble effondré. L’animal affaibli, pris en charge par…


Trois semaines après le séisme qui a frappé le Venezuela, un étudiant a sorti un chat vivant d’un immeuble effondré. L’animal affaibli, pris en charge par des vétérinaires, devient un fragile rayon de lumière dans une tragédie qui a fait plus de 5 000 morts.
C’est une petite silhouette noire, perdue au milieu des gravats, qui a attiré l’attention d’Andres Carvajal. Étudiant en politique internationale à l’Université Centrale du Venezuela, il participait avec d’autres bénévoles aux recherches dans les décombres de l’immeuble OPP+26, à Caraballeda. Le bâtiment s’est écroulé lors du double tremblement de terre du 24 juin, et des dizaines d’équipes de secours fouillent encore les ruines à la recherche de corps. C’est là, au rez-de-chaussée, qu’un ami a repéré le chat. L’animal a d’abord fui, s’enfonçant plus loin dans les débris. Andres n’a pas voulu abandonner. Il a cherché de la nourriture pour chats, enlevé son gant, déposé la pitance. Le chat s’est approché, a mangé avec une certaine urgence. « Le pire que j’ai vu, ce sont ses yeux, avec beaucoup de poussière, beaucoup de débris », raconte le jeune homme de 21 ans.
Le sauvetage a été rapide mais délicat. Andres a confié l’animal à d’autres secouristes, qui l’ont emmené vers un stand tenu par des vétérinaires devant les immeubles détruits. Ils lui ont fait une piqûre pour le réhydrater, nettoyé son pelage couvert de poussière. Le chat va désormais être transféré dans un refuge. Pour Andres, ce geste a une résonance particulière. Il porte sur son casque jaune le surnom « El gato » (le chat), hérité de l’école primaire à cause de ses yeux clairs. « Je suis très content de l’avoir trouvé. Surtout que moi aussi j’ai un chat. Il est impossible de ne pas ressentir de l’empathie. Trouver ce petit chat, c’est un rayon de lumière », confie-t-il. Ses compagnons plaisantent : « Le chat a sauvé le chat ».
Mais derrière cette histoire, il y a un contexte plus lourd. Andres et d’autres étudiants de l’UCV ont fondé une association baptisée « Pico y Pala » (Pioche et pelle). Au départ, ils cherchaient une amie disparue lors de la catastrophe à Caracas. Après dix jours de recherches infructueuses, ils ont redirigé leurs efforts vers La Guaira, l’État le plus touché par les séismes de magnitude 7,2 et 7,5. Plus de 5 000 personnes ont perdu la vie. « Maintenant, on descend ici pour faire tout notre possible », explique Andres, dont le casque arbore la devise latine « Memento mori ». Dans cette routine de deuil et de gravats, le sauvetage d’un chat vaut comme une parenthèse de vie.
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