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Trump s’attaque au pape, un pari risqué pour l’électorat religieux

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_**Le président américain a vivement critiqué le souverain pontife, suscitant des remous au sein de sa propre base conservatrice à quelques mois des élections de mi-mandat.**_

La cible est inédite. En s’en prenant directement au pape Léon XIV, Donald Trump engage un bras de fer dont les conséquences pourraient se répercuter sur la scène politique intérieure. Le chef de l’État américain a qualifié le souverain pontife de « faible » sur les questions de sécurité et de politique étrangère, réagissant ainsi aux prises de position du Vatican qui a condamné l’intervention militaire menée par Washington et Israël au Moyen-Orient. Ces propos ont immédiatement provoqué des réactions, y compris parmi certains alliés traditionnels du président, à l’image de la cheffe du gouvernement italien.

Mais le risque principal réside dans l’impact que cette polémique pourrait avoir sur le cœur de l’électorat de M. Trump. Les chrétiens conservateurs et évangéliques, qui lui ont apporté un soutien massif lors de ses précédentes campagnes, pourraient voir d’un mauvais œil cette confrontation avec le chef de l’Église catholique. L’enjeu est d’autant plus sensible que les élections de mi-mandat, prévues en novembre, approchent à grands pas.

La controverse ne montre aucun signe d’apaisement. Interrogé sur d’éventuels regrets, le locataire de la Maison Blanche a répondu par la négative, réitérant ses critiques à l’encontre du pape. Il a même laissé entendre que l’élection de Léon XIV, de nationalité américaine, relevait davantage d’une manœuvre diplomatique que d’un choix spirituel. De son côté, le souverain pontife a réaffirmé avec fermeté le devoir de l’Église de se prononcer contre les conflits armés, indiquant qu’il ne craignait pas l’administration américaine.

L’affaire a pris une tournure supplémentaire avec la publication, sur le réseau social de M. Trump, d’une image le représentant avec les attributs du Christ, bénissant un homme souffrant. Cette illustration, rapidement retirée après avoir été qualifiée de blasphématoire par plusieurs personnalités religieuses de premier plan, a été présentée par l’intéressé comme une simple évocation médicale. Cet épisode a cependant contribué à alimenter le malaise au sein de la droite chrétienne.

Des voix influentes, comme celle de l’ancienne sportive devenue commentatrice politique Riley Gaines, ont fermement condamné cette représentation. Même une figure habituellement acquise à la cause trumpiste, l’ex-élue Marjorie Taylor Greene, a pris ses distances, apportant son soutien aux positions pontificales sur la question iranienne et critiquant les propos jugés provocateurs tenus par le président lors des fêtes de Pâques.

Alors que la campagne électorale s’intensifie, cette séquence révèle les tensions qui traversent la coalition traditionnelle de Donald Trump. La gestion des relations avec le monde religieux, pilier historique de son succès, s’avère plus délicate que jamais dans un contexte de polarisation aiguë.

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