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Tony Leung ne voit aucune âme dans l’IA au cinéma
L’acteur hongkongais multi‑primé, star de « In the Mood for Love », étrille l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le 7e art. Selon lui, une…


L’acteur hongkongais multi‑primé, star de « In the Mood for Love », étrille l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le 7e art. Selon lui, une machine ne peut pas créer de l’art parce qu’il manque l’essentiel.
Il est l’un des visages les plus célèbres du cinéma d’auteur asiatique, mais Tony Leung Chiu‑wai n’hésite pas à bousculer les certitudes sur la technologie. Alors qu’il présidait le jury du Festival international du film de Shanghai, l’acteur de 63 ans a livré un avis cash sur l’intelligence artificielle. Pour lui, l’IA est « une arme à double tranchant ». Elle fait gagner du temps et de l’argent, c’est vrai, mais elle menace aussi des milliers d’emplois. Surtout, Tony Leung craint qu’elle encourage une production de films « sans réflexion, sans démarche créative, uniquement basée sur du calcul ». Les blockbusters y trouveront leur compte, mais pas la qualité artistique.
Quand on lui demande si un film créé par IA peut être une œuvre d’art, sa réponse est sans appel. Il prend quelques secondes, puis lâche « il n’y a aucune âme ». Il insiste : « Je ne crois pas que ce soit de l’art. Non. » L’acteur, qui a reçu un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière à Venise, défend un cinéma qui vit dans les salles obscures, sur grand écran. Il déteste regarder des films sur un téléphone. Tout a rétréci, regrette‑t‑il, alors que lui a grandi dans des salles immenses. Son amour du cinéma est viscéral : il choisit ses projets en fonction du réalisateur, pas du genre. « J’aime leurs films ou j’aime la personne », dit‑il simplement.
Tony Leung ne se repose pas sur ses lauriers. Il tourne actuellement trois projets : un film avec le réalisateur hongkongais Johnnie To, une production en Inde et une série pour le streaming. Son dernier long‑métrage, « Silent Friend », marque sa première incursion dans une production entièrement européenne. Le tournage était chaotique, raconte‑t‑il, mais l’équipe a trouvé une harmonie comme une danse commune. L’acteur croit même que les plantes ont une forme d’intelligence, après avoir découvert un arbre ginkgo au cœur du film. Pour lui, le cinéma est un « acte de vérité » qui ne se joue pas sur l’écran, mais dans le cœur et les tripes du spectateur. Et la perfection n’est pas le but : il faut être authentique. Une leçon que l’IA, selon lui, ne pourra jamais apprendre.





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