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Sur le Bürgenstock, l’Iran et les États-Unis scellent un accord historique

Après des mois de guerre et de paralysie économique, Washington et Téhéran signent enfin un protocole d’accord en Suisse. Mais les menaces et les frappes…

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Sur le Bürgenstock, l'Iran et les États-Unis scellent un accord historique

Après des mois de guerre et de paralysie économique, Washington et Téhéran signent enfin un protocole d’accord en Suisse. Mais les menaces et les frappes continuent de faire planer le doute sur la suite.

Vendredi, dans un hôtel de luxe perché sur le mont Bürgenstock, au-dessus du lac de Lucerne, l’Iran et les États-Unis doivent officialiser un accord censé mettre fin au conflit qui embrase le Moyen-Orient depuis le 28 février. Les négociateurs en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf pour Téhéran et le vice-président américain JD Vance pour Washington, seront présents. Donald Trump pourrait aussi faire le déplacement. Le document, déjà signé électroniquement, est décrit comme « très général » et tient sur une page et demie. Son contenu précis n’a pas été rendu public, mais il prévoit notamment la réouverture complète du détroit d’Ormuz, verrou stratégique dont le blocage a fait flamber les prix du pétrole et perturbé le commerce mondial.

Pourtant, la trêve est loin d’être acquise sur le terrain. Mercredi, les frappes israéliennes ont visé le sud du Liban, notamment Nabatiyé, où cinq personnes ont été tuées. L’offensive contre le Hezbollah, allié de l’Iran, a certes baissé d’intensité depuis l’annonce de l’accord, mais l’armée libanaise demande aux habitants qui commencent à rentrer de patienter. De son côté, Téhéran menace Israël d’une « réponse sévère » si les agressions ne cessent pas. Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, doit prendre la parole à la télévision, après avoir remercié l’Iran d’avoir inclus la fin des hostilités au Liban dans l’accord. De son côté, Donald Trump, depuis le G7 à Évian, a lancé un avertissement cinglant. Si les Iraniens « ne se comportent pas bien, nous recommencerons à balancer des bombes en plein dans leurs têtes », a-t-il prévenu. La Russie, elle, a appelé toutes les parties à respecter le protocole.

Côté énergie, la situation reste tendue. Les stocks de pétrole des pays de l’OCDE sont au plus bas depuis 1990, selon l’Agence internationale de l’énergie. La cause directe est le verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran fin février. Mais des signes d’apaisement apparaissent. Trois pétroliers iraniens ont franchi le blocus américain, transportant près de 4 millions de barils. Ce sont les premières exportations de brut iranien depuis deux mois. Téhéran affirme que le blocus a été levé, mais Washington ne confirme pas encore. Le baril de Brent, référence mondiale, est redescendu sous les 80 dollars, même s’il stagne à cause des incertitudes au Liban. Une fois l’accord signé, une nouvelle phase de négociations s’ouvrira. Les deux camps se donnent soixante jours pour aborder les sujets les plus épineux. Au programme, le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions américaines qui asphyxient l’économie du pays. Et une question flotte encore dans l’air. L’Iran compte désormais prélever des « frais de service » sur les navires qui traversent le détroit d’Ormuz, ce que Washington refuse catégoriquement.

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