Faits Divers
Stade français : un scandale de propos lesbophobes ébranle la section féminine
Un dirigeant suspendu, une plainte déposée et une enquête en cours : le club parisien confronté à une crise majeure.
Une affaire de harcèlement moral et de propos discriminatoires secoue la section féminine du Stade français. Le directeur sportif de l’équipe a été suspendu à titre conservatoire après des accusations de comportements inappropriés et de remarques lesbophobes. Une plainte a été déposée au parquet de Paris, confiée à la Brigade de Répression de la Délinquance aux Personnes (BRDP).
Les révélations, initialement publiées par Mediapart, émanent d’une ancienne joueuse devenue encadrante, Laura. Elle dénonce des humiliations répétées et un climat toxique, poussant plusieurs joueuses à témoigner en sa faveur. Après un signalement à la Fédération Française de Rugby (FFR) en décembre, une enquête interne a été lancée, aboutissant à un blâme pour le dirigeant visé. Toutefois, les accusations d’homophobie et de sexisme n’ont pas été retenues par le club, alimentant la colère des concernées.
Les Pink Rockets, l’équipe féminine du Stade français, ont publiquement exigé la démission du directeur sportif, dénonçant un « système de domination » et l’inaction des instances dirigeantes. Laura, qui a finalement porté plainte mi-janvier, se dit « soulagée » que la justice se saisisse du dossier. Elle espère que les sanctions iront au-delà des mesures internes, jugées insuffisantes.
Le secrétaire général de l’association, François Davoine, reconnaît des « erreurs de communication » mais défend la procédure suivie, soulignant le rôle limité des bénévoles dans ce type d’enquête. Une réunion de médiation a eu lieu entre joueuses et dirigeants, sans pour autant apaiser toutes les tensions.
En toile de fond, des témoignages accablants décrivent un climat de peur, avec des menaces pesant sur les carrières des joueuses en cas de départ. Les insultes à connotation lesbophobe et les pressions psychologiques auraient été monnaie courante. Laura pointe également du doigt le manque de soutien de la direction professionnelle du club, dirigée par Thomas Lombard.
L’affaire, qui dépasse le cadre sportif, pose des questions cruciales sur la gestion des discriminations dans le rugby féminin et la responsabilité des institutions. La décision de la FFR et les conclusions de l’enquête judiciaire seront déterminantes pour l’avenir des parties prenantes.
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