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Trump et Xi bouclent leur sommet, le président américain revendique des premières concessions

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Le président américain Donald Trump a quitté Pékin après deux jours d’entretiens avec son homologue chinois Xi Jinping, estimant avoir obtenu des avancées concrètes sur le dossier iranien et un engagement d’achat d’avions Boeing.

La dernière journée de ce sommet très attendu s’est ouverte vendredi par une poignée de main entre les deux dirigeants dans les jardins de Zhongnanhai, le complexe gouvernemental situé au cœur de la capitale chinoise. Après un déjeuner de travail, M. Trump a regagné Washington au terme d’une visite d’État marquée par un faste diplomatique mais aussi par des tensions géopolitiques et bilatérales persistantes.

Le locataire de la Maison Blanche a indiqué avoir reçu des assurances de son homologue chinois concernant la crise au Moyen-Orient. Dans un entretien accordé à une chaîne américaine, il a affirmé que M. Xi s’était engagé à ne pas fournir d’équipement militaire à l’Iran et s’était dit prêt à faciliter la réouverture du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le commerce pétrolier mondial. Pékin a d’ailleurs publié un communiqué appelant à un cessez-le-feu complet dans la région et à une reprise du transit dans cette zone « dès que possible », tout en rappelant que ce conflit « n’aurait jamais dû éclater ».

Sur le plan commercial, M. Trump a fait état d’une commande de 200 appareils Boeing de grande capacité, un volume significatif mais inférieur aux 500 monocouloirs et à la centaine de gros porteurs évoqués ces derniers mois. Il a également mentionné l’intention de la Chine d’acquérir du pétrole et des produits agricoles américains, sans toutefois préciser de montants.

La Chine entretient des liens économiques étroits avec l’Iran, qui lui fournit l’essentiel de son pétrole. La fermeture du détroit d’Ormuz, conséquence des blocus respectifs de Téhéran et de Washington, affecte directement ses approvisionnements en hydrocarbures, qu’ils proviennent d’Iran ou d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi avoir autorisé le passage de plusieurs navires chinois, un geste diplomatique significatif en pleine rencontre au sommet.

Washington souhaite que Pékin exerce son influence sur Téhéran pour favoriser une issue diplomatique à la crise régionale. La Chine, tout en menant des efforts diplomatiques, s’est montrée jusqu’ici très prudente dans ses prises de position.

Ce sommet visait à apaiser de multiples points de friction, qu’il s’agisse de la question taïwanaise, des relations commerciales, des restrictions sur les terres rares et les semi-conducteurs, de l’intelligence artificielle ou encore de la propriété intellectuelle. Jeudi, M. Xi avait lancé une mise en garde ferme contre tout risque de « conflit » entre les deux pays à propos de Taïwan.

La rivalité entre les deux puissances est profonde, qu’elle soit stratégique, commerciale ou technologique. La Chine semble miser sur un affaiblissement des États-Unis, une idée que M. Xi a subtilement évoquée en citant Thucydide, l’historien grec théoricien des conflits entre puissance dominante et puissance émergente. M. Trump a répliqué sur son réseau social en affirmant que cette allusion visait les États-Unis de l’administration Biden, et non l’Amérique d’aujourd’hui, qu’il a qualifiée de « pays le plus génial de la planète ».

Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, les deux nations se sont livrées à une guerre commerciale intense, faite de droits de douane punitifs et de restrictions croisées. Une trêve avait été conclue en octobre, mais elle reste fragile face à la menace de nouvelles surtaxes américaines.

Dans un monde secoué par les turbulences, M. Xi a réaffirmé le souhait de la Chine de voir émerger davantage de certitude et de prévisibilité. Les deux dirigeants sont convenus de définir désormais les relations sino-américaines comme une « relation de stabilité stratégique constructive ». « Nous devons être des partenaires, pas des rivaux », a déclaré M. Xi à son homologue américain, tout en promettant d’ouvrir toujours davantage le marché chinois aux entreprises étrangères.

L’accès au marché chinois demeure l’un des principaux griefs des États-Unis et d’autres pays développés à l’encontre de Pékin. M. Trump était accompagné d’une importante délégation de grands patrons, et la Maison Blanche espérait repartir avec plusieurs accords, notamment dans le domaine agricole, ou des promesses d’investissements chinois aux États-Unis.

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