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Économie

Musk absent, Altman présent : le procès OpenAI touche à sa fin

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Les plaidoiries finales ont résonné jeudi dans le tribunal fédéral d’Oakland, marquant la dernière étape avant que le jury ne se retire pour délibérer sur le litige opposant Elon Musk à OpenAI.

Sam Altman, le directeur général d’OpenAI, et Greg Brockman, son plus proche allié historique, ont assisté aux débats, fidèles à leur place depuis l’ouverture des audiences le 27 avril. Les deux hommes étaient présents dans la salle d’audience de la cour fédérale d’Oakland, située de l’autre côté de la baie de San Francisco, où se trouvent les locaux de leur entreprise.

Elon Musk, quant à lui, n’a pas fait le déplacement. Celui qui s’était présenté au début du procès comme le gardien de l’humanité face aux risques de l’intelligence artificielle se trouve actuellement en Chine, accompagnant le président Trump.

Pour OpenAI, acteur majeur de la compétition mondiale dans le domaine de l’IA, cette procédure judiciaire constitue un frein à un moment crucial. Son concurrent Anthropic, fondé par d’anciens employés, mène des discussions avec des investisseurs et pourrait le devancer en termes de valorisation, celle-ci atteignant déjà 900 milliards de dollars.

Les audiences ont mis en lumière les dissensions internes ayant marqué la création d’OpenAI et jeté le doute sur la sincérité de sa mission initiale, présentée comme philanthropique. L’avocat d’Elon Musk, Steven Molo, a ironisé devant les neuf jurés sur l’idée d’une organisation à but non lucratif dédiée au développement sécurisé de l’intelligence artificielle, dont le code serait rendu public pour le bien de l’humanité. Il a comparé la situation à un braquage de banque où le malfaiteur laisserait une partie de l’argent dans le coffre.

En réponse, William Savitt, l’avocat d’OpenAI, a rétorqué qu’on n’avait jamais entendu parler d’un braquage où les voleurs avaient inventé la banque et y avaient déposé 200 milliards de dollars. La fondation OpenAI, créée fin 2015, reste un actionnaire minoritaire de sa structure commerciale lancée en 2019, détenant environ 25% des parts. Ses dirigeants se félicitent d’avoir constitué l’une des fondations à but non lucratif les mieux dotées au monde, qu’Elon Musk accuse d’être une coquille vide. La fondation, qui n’avait distribué que 7,6 millions de dollars en 2024, a annoncé un milliard de dons pour 2026, un mois avant le début du procès.

La juge Yvonne Gonzalez Rogers a reconnu que l’affaire se résumait à une question centrale : lequel de ces puissants milliardaires croire. Une avocate d’OpenAI, Sarah Eddy, a souligné que même les collaborateurs d’Elon Musk, y compris la mère de ses enfants, ne soutenaient pas sa version des faits. Elle a affirmé que l’homme le plus riche du monde ne s’était jamais soucié de la structure non lucrative et que son seul objectif était de gagner, notamment en battant Google DeepMind dans la course à l’IA, quitte à débaucher les ingénieurs d’OpenAI pour un projet concurrent secret au sein de Tesla.

De son côté, l’accusation a mis en avant les doutes persistants sur la probité de Sam Altman. Viré en novembre 2023 de l’administration d’OpenAI pour manque de transparence, il avait été réintégré sous la pression des employés, mais les accusations de manipulation et de culture toxique ont laissé des traces.

Le jury devra d’abord trancher une question préliminaire : Elon Musk, qui a lancé la procédure en 2024, quatre ans après la fin de son dernier soutien matériel, a-t-il attaqué dans les délais légaux ? Si la réponse est négative, l’affaire s’arrête là. La magistrate a précisé que le verdict du jury serait consultatif, mais qu’elle suivrait probablement leurs avis sur ce point.

Si les faits ne sont pas prescrits, les jurés, puis la juge, devront déterminer si les cofondateurs d’OpenAI ont détourné les dons du multimilliardaire, d’un montant de 38 millions de dollars, et trahi une promesse envers lui en prenant leur virage commercial et en s’enrichissant. Elon Musk exige le retour d’OpenAI à son statut de fondation, ce qui contraindrait l’entreprise à renoncer à son introduction en Bourse et à ses investisseurs, notamment Microsoft, Amazon et Softbank, essentiels dans la course à l’IA.

Le jury devra également se prononcer sur le rôle de Microsoft, premier investisseur privé de la start-up avec 13 milliards de dollars engagés, et déterminer s’il a sciemment facilité cette dérive. Ce grand déballage aura vu défiler cinq milliardaires, dont les moindres emails et SMS liés à l’affaire ont été examinés : Elon Musk, Sam Altman, Greg Brockman, le PDG de Microsoft Satya Nadella, et Ilya Sutskever, l’un des ingénieurs-clés derrière la naissance de ChatGPT.

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