Économie
Narendra Modi entame une tournée stratégique entre Golfe et Europe
Le Premier ministre indien se rend aux Émirats arabes unis puis dans cinq pays européens pour renforcer la sécurité énergétique et diversifier les alliances économiques de son pays.
Le chef du gouvernement indien entame ce vendredi un déplacement aux Émirats arabes unis, première étape d’une tournée qui le conduira ensuite dans cinq nations européennes. Ce voyage intervient alors que l’Inde subit de plein fouet les répercussions économiques des tensions au Moyen-Orient. Le blocus du détroit d’Ormuz a provoqué une flambée des cours mondiaux du gaz et des carburants, fragilisant les économies fortement tributaires des approvisionnements énergétiques du Golfe, à l’image de l’Inde.
Face à la dépréciation de la roupie, qui a touché son niveau le plus bas face au dollar, M. Modi avait exhorté ses concitoyens à limiter leurs achats d’or et leur consommation de carburant, deux postes qui pèsent sur les réserves de devises. Cette tournée traduit aussi la volonté de New Delhi d’élargir son éventail de partenaires économiques et stratégiques, tout en affirmant ses ambitions de devenir un pôle industriel et technologique de premier plan.
Outre les Émirats arabes unis, le Premier ministre se rendra aux Pays-Bas, en Suède, en Norvège et en Italie. Selon le ministère indien des Affaires étrangères, ces visites visent à « approfondir le partenariat de l’Inde avec l’Europe, en particulier les liens commerciaux et d’investissement, à la lumière du récent accord de libre-échange ». New Delhi et l’Union européenne ont en effet signé en janvier un vaste traité de libre-échange, présenté comme le plus important jamais conclu.
Concernant les pays nordiques, l’Inde souhaite « se positionner comme un partenaire fiable sur les plans économique, technologique et des énergies propres », a expliqué Anil Wadhwa, ancien ambassadeur indien notamment en Italie et en Pologne. La première étape de la tournée, aux Émirats arabes unis, revêt une importance particulière : la région du Golfe est la principale source des importations indiennes de pétrole et de gaz naturel. Les discussions porteront donc sur le renforcement de la sécurité énergétique du pays.
Les bouleversements géopolitiques dans la région compliquent la donne. Comme l’a souligné K.C. Singh, ancien ambassadeur indien en Iran et aux Émirats arabes unis, « les dissensions au sein du Conseil de coopération du Golfe et l’affrontement ouvert entre l’Iran et les Émirats arabes unis ont modifié la géopolitique ». Les Émirats se sont rapprochés des États-Unis et d’Israël depuis le début du conflit, tandis que l’Arabie saoudite s’est tournée vers le Pakistan, l’Égypte et la Turquie. L’Inde, troisième importateur mondial de pétrole, tire habituellement près de la moitié de son brut via le détroit d’Ormuz, en grande partie bloqué depuis le début des frappes américano-israéliennes contre l’Iran fin février.
Selon K.C. Singh, la priorité de New Delhi devrait être de transformer sa relation énergétique avec les pays du Golfe, passant d’un simple rapport acheteur-vendeur à un partenariat stratégique élargi, incluant des accords de livraison de gaz naturel liquéfié et le recours à ses réserves stratégiques de pétrole pour faire face aux perturbations futures.
Le Premier ministre se rendra ensuite aux Pays-Bas vendredi soir pour la deuxième fois depuis 2017. Les discussions devraient porter sur l’augmentation des échanges bilatéraux, qui ont atteint 23,7 milliards d’euros l’an dernier, ainsi que sur la défense, les semi-conducteurs, l’eau, l’agriculture et la santé. Dimanche, M. Modi sera en Suède pour s’adresser à un forum de dirigeants d’entreprises européennes, aux côtés de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Le lendemain, il se rendra en Norvège pour un sommet entre l’Inde et les pays nordiques.
New Delhi, qui dispose d’une base de recherche arctique sur l’île norvégienne de Svalbard, suit de près les conséquences de l’ouverture des routes maritimes due à la fonte des glaces liée au changement climatique. Comme l’a souligné le député indien Shashi Tharoor dans le quotidien Indian Express, « l’intérêt de l’Inde pour l’Arctique n’est pas simplement académique : la fonte des glaces a des conséquences directes sur la mousson en Inde et notre sécurité alimentaire ». La dernière étape de cette tournée sera l’Italie, le 19 mai, où M. Modi rencontrera la Première ministre Giorgia Meloni, avec laquelle il entretient des relations étroites.
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