Planète
La face cachée de notre guerre contre les moustiques
Faut-il envisager l’éradication des moustiques pour sauver des vies, ou ce geste risquerait-il de bouleverser l’équilibre de la nature ?
Chaque année, ces insectes sont responsables de la mort d’environ 760 000 personnes, ce qui en fait les animaux les plus meurtriers pour l’humanité. Vecteurs de près d’un cinquième des maladies infectieuses, ils propagent le paludisme, la dengue, la fièvre jaune, le chikungunya ou encore le virus Zika. Avec le réchauffement climatique, leur aire de répartition s’étend vers de nouvelles régions, prolongeant les saisons chaudes et faisant craindre des crises sanitaires inédites.
L’idée d’éliminer les moustiques dangereux séduit, mais elle ne concernerait qu’une infime partie des 3 500 espèces répertoriées. Seule une centaine d’entre elles piquent les humains, et cinq seulement sont à l’origine de 95 % des infections. Ces espèces ont développé une relation étroite avec l’homme, se nourrissant et se reproduisant à proximité de lui. Leur disparition, bien que radicale, n’aurait pas de conséquences écologiques majeures selon certains spécialistes, car d’autres moustiques inoffensifs occuperaient rapidement leur place. D’autres experts appellent toutefois à la prudence, soulignant que la connaissance de l’écologie de ces insectes reste lacunaire. Ils jouent un rôle dans le transfert de nutriments entre milieux aquatiques et terrestres, servent de proies à de nombreuses espèces et participent à la pollinisation, un phénomène encore mal mesuré.
Le débat éthique sur l’élimination délibérée d’une espèce vivante est légitime, mais il est rappelé que l’humanité provoque déjà l’extinction involontaire de nombreuses espèces. Parmi les solutions techniques envisagées, le forçage génétique suscite un vif intérêt. Cette méthode modifie un chromosome pour transmettre un trait à toute la descendance. Des chercheurs ont ainsi rendu stériles des femelles du moustique Anopheles gambiae, vecteur du paludisme, et ont éradiqué une population entière en laboratoire en quelques générations. Un projet financé par la fondation Gates prévoit des essais sur le terrain d’ici 2030, mais un précédent au Burkina Faso a montré les obstacles politiques et sociaux. La junte au pouvoir y a interrompu un projet impliquant des moustiques génétiquement modifiés, après des critiques et des campagnes de désinformation.
Une autre stratégie prometteuse consiste à infecter les moustiques Aedes aegypti avec la bactérie Wolbachia, qui bloque la transmission des virus. Cette approche a permis de réduire de près de 90 % les cas de dengue dans une ville brésilienne, sans aucun effet secondaire détecté. Plus de 16 millions de personnes dans quinze pays sont désormais protégées par cette méthode. Parallèlement, des recherches récentes sur le forçage génétique visent à empêcher les femelles d’Anopheles gambiae de transmettre le paludisme, avec un essai sur le terrain prévu pour 2030.
Ces innovations ne doivent pas faire oublier qu’une solution unique et technologique ne suffira pas. Un accès élargi aux diagnostics, aux traitements et à des vaccins plus performants reste indispensable dans les pays les plus touchés. Mais les coupes budgétaires dans l’aide internationale depuis 2025 menacent les progrès accomplis dans la lutte contre la plupart des maladies transmises par ces insectes.
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