Culture
Jean-Marie Poiré troque la caméra pour le pinceau à Bruxelles


L’exposition « Juxtaposed emotions » dévoile jusqu’à fin juin une quinzaine de toiles pop-art du réalisateur des « Visiteurs », désormais installé en Belgique.
Le cinéaste français Jean-Marie Poiré, âgé de 80 ans, a trouvé un nouvel exutoire artistique dans la capitale belge. Après avoir marqué le cinéma hexagonal avec des comédies cultes comme « Le Père Noël est une ordure » ou « Les Visiteurs », il expose aujourd’hui ses peintures dans une galerie de la commune d’Uccle, à quelques pas de son domicile. L’artiste, qui a également acquis la nationalité belge il y a une quinzaine d’années, aborde cette nouvelle activité avec la même légèreté qui a fait le succès de ses films.
L’octogénaire, vif et loquace, ne cache pas son goût pour l’autodérision. Il confie ne pas accorder d’importance aux codes ou aux messages dans ses œuvres, une philosophie qu’il appliquait déjà au septième art. Pour lui, la peinture est d’abord née d’un besoin de décompresser, alors qu’il attendait le feu vert pour le troisième volet des « Visiteurs ». Ce projet a finalement vu le jour en 2016, porté par la complicité retrouvée avec Christian Clavier, interprète inoubliable du médiéval Jacquouille.
Dans son atelier, rempli de tubes de peinture multicolores, Jean-Marie Poiré évoque avec humour le succès commercial de sa saga. Il attribue à l’exclamation « okay » de son personnage fétiche la liberté financière qui lui permet aujourd’hui de se consacrer à la peinture. Ses toiles, exposées sous le pseudonyme de Jim Jazz, mêlent des visages de stars du cinéma classique à des figures religieuses, dans un style pop aux couleurs vives. Les collages, réalisés d’abord sur ordinateur, jouent volontairement avec les époques et les atmosphères.
La nudité féminine occupe une place notable dans ces compositions. Le réalisateur explique cette inspiration par son éducation catholique, marquée par la présence de corps dénudés dans l’art religieux. Il se souvient avec amusement de sa grand-mère, très pieuse, et des nombreuses représentations d’anges ou de madones allaitantes qui ont nourri son imaginaire.
Quant à son nom de scène, il le justifie par la difficulté pour un public anglophone de prononcer « Jean-Marie Poiré ». Un choix pragmatique pour cet homme qui, après avoir goûté à la musique rock sous le pseudonyme de Martin Dune dans les années 1970, poursuit aujourd’hui sa carrière artistique sous une nouvelle identité.





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