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Abolition du discernement pour le suspect des corps repêchés dans la Seine

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L’expertise psychiatrique du principal mis en cause dans l’affaire des quatre hommes retrouvés sans vie dans le fleuve conclut à une abolition complète de son discernement au moment des faits. Le parquet et les parties civiles prennent acte de ces conclusions, qui pourraient écarter la tenue d’un procès pénal.

Neuf mois après la macabre découverte des corps de quatre hommes dans la Seine à Choisy-le-Roi, une expertise psychiatrique consultée mercredi par l’AFP a conclu à une abolition du discernement chez Monji H., un sans-abri tunisien de 28 ans. Selon ce rapport, qui confirme une information du quotidien Le Monde, le jeune homme, incarcéré depuis son arrestation en août 2025, n’est pas accessible à une sanction pénale en raison d’un trouble schizophrénique. L’expert relève que le suspect présentait au moment des faits des manifestations psychotiques envahissantes, caractérisées par une perte de lien avec la réalité et de sévères troubles du jugement, justifiant une abolition totale du contrôle de ses actes. Le rapport précise que les crimes sont directement liés à une pathologie psychotique non traitée et non stabilisée.

Les corps des victimes, identifiées comme Abdellah M., Amir B., Sami K. et Frantz, avaient été découverts le 13 août dans la Seine, à proximité de la gare RER de Choisy-le-Roi. Une semaine plus tard, Monji H., qui vivait dans un local désaffecté proche du lieu du drame, avait été placé en garde à vue avant d’être mis en examen et écroué. L’expertise psychiatrique met en lumière une activité délirante de nature mystique et persécutoire, accompagnée de mécanismes interprétatifs. Le suspect aurait déclaré au médecin avoir vu des nuages et interprété ces visions comme des messages divins l’incitant à passer à l’acte. Il a notamment expliqué avoir étranglé ses victimes en croyant voir dans le ciel l’une d’elles prendre la forme d’un animal.

L’association STOP Homophobie, qui s’était inquiétée d’une possible motivation homophobe dans cette affaire, n’a pas vu cette piste confirmée par l’expertise. Le rapport souligne en revanche une dangerosité psychiatrique persistante, le suspect ayant tenté d’étrangler deux autres détenus durant son incarcération. Les experts recommandent une hospitalisation sur demande d’un représentant de l’État afin d’affiner le diagnostic et de prodiguer des soins adaptés. Les avocats du mis en cause ont pris acte de ces conclusions, tandis que les parties civiles expriment leur colère, estimant que cette expertise les prive de la possibilité d’un procès pour confronter l’auteur présumé des meurtres. Un recours en contre-expertise est d’ores et déjà envisagé par la défense des familles.

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