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Meurtre à Marseille : les commanditaires visaient le mauvais frère

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Les enquêteurs ont désormais la certitude que l’assassinat de Mehdi Kessaci, en novembre dernier, résulte d’une erreur sur la personne. La cible désignée était son frère aîné, Amine Kessaci, figure de la lutte antidrogue.

Les investigations menées autour de la mort de Mehdi Kessaci, abattu de plusieurs balles en plein après-midi le 13 novembre 2025 à Marseille, ont permis d’établir que les tireurs avaient agi sur la base d’un renseignement erroné. Selon des informations concordantes, un numéro de téléphone attribué à Amine Kessaci, militant écologiste engagé contre le narcotrafic, était en réalité utilisé par son cadet. Cette confusion aurait conduit à l’exécution de ce jeune homme de 20 ans, totalement étranger aux affaires criminelles et inconnu des services de police et de justice.

Ce meurtre, attribué par les enquêteurs à la DZ Mafia, un gang marseillais lié au trafic de stupéfiants, avait suscité une vive émotion au sein de la classe politique. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Laurent Nuñez, avait qualifié ce crime d’acte d’intimidation sans précédent, évoquant un point de bascule dans la lutte contre la criminalité organisée. Le président de la République, Emmanuel Macron, avait également condamné fermement cet assassinat.

Quatre mois après les faits, une vaste opération menée mi-mars dans la région marseillaise et dans l’Hérault avait permis l’interpellation de dix personnes, huit hommes et deux femmes. Placées en garde à vue, elles sont soupçonnées d’avoir fourni la logistique nécessaire à la perpétration du crime. Le parquet national antiterroriste et anti-criminalité organisée (Pnaco) est désormais en charge de ce dossier.

La famille Kessaci avait déjà été frappée par un drame en 2020, avec la mort de Brahim Kessaci, le frère aîné, impliqué dans le trafic de stupéfiants. Son corps avait été retrouvé carbonisé. Amine Oualane, dit Mamine, considéré comme l’un des chefs de la DZ Mafia et actuellement incarcéré, doit être jugé cet automne pour ce meurtre. Ce dernier figure également parmi les pistes explorées dans le cadre de l’assassinat de Mehdi Kessaci. Selon certaines révélations, le contrat passé pour cette exécution s’élevait à 100 000 euros pour le tireur, un montant que les sources proches du dossier qualifient d’ordre de grandeur sans le confirmer précisément. La présence de deux équipes concurrentes pour exécuter ce contrat n’a pas été corroborée par les enquêteurs.

En marge de ces développements, les avocats d’Amine Kessaci ont déposé une plainte pour violation du secret de l’instruction, à la suite de la publication d’informations dans la presse. Le narcobanditisme a fait 17 victimes à Marseille en 2025, un chiffre en baisse par rapport aux années précédentes, où 24 morts avaient été recensés en 2024 et 49 en 2023, dans le cadre d’une guerre des gangs pour le contrôle des points de deal dans les Bouches-du-Rhône.

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