Économie
La Banque de France dément tout favoritisme envers Emmanuel Moulin


L’institution monétaire affirme que les documents préparatoires fournis à l’ancien secrétaire général de l’Élysée relèvent d’une pratique administrative courante, et non d’un traitement de faveur.
La Banque de France a réfuté mercredi toute accusation de traitement privilégié envers Emmanuel Moulin, candidat pressenti pour occuper le poste de gouverneur. L’institution a reconnu avoir préparé des notes à l’intention de ce dernier en vue de ses auditions parlementaires, mais elle assure qu’il s’agit d’une procédure standard, sans lien avec une quelconque faveur politique.
Cet épisode s’inscrit dans le processus de désignation du successeur de François Villeroy de Galhau, qui quittera ses fonctions en juin. Emmanuel Macron a proposé la nomination d’Emmanuel Moulin, ancien secrétaire général de l’Élysée, mais cette candidature doit encore recueillir l’aval des commissions des Finances de l’Assemblée nationale et du Sénat, après des auditions prévues le 20 mai. Un rejet pourrait survenir si trois cinquièmes des suffrages exprimés dans les deux chambres se prononcent contre.
Un article de Mediapart, publié lundi, affirmait que la direction de la Banque de France avait sollicité ses services pour élaborer des documents destinés à préparer le candidat à ces auditions. Cette pratique a été dénoncée comme une entorse au principe d’indépendance de l’institution. Interrogé par le président socialiste de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Philippe Brun, François Villeroy de Galhau a qualifié l’article de surprenant, estimant qu’il reposait sur une thèse infondée. Il a précisé que l’institution avait bien rédigé quelques fiches techniques, mais que celles-ci n’étaient destinées à aucun candidat en particulier et n’avaient pas été commandées par l’autorité politique. Il a souligné avoir lui-même bénéficié de documents analogues avant sa propre nomination en 2015.
L’issue du vote demeure incertaine. La France insoumise et le Rassemblement national ont déjà annoncé leur opposition, tandis que les députés socialistes prévoient d’auditionner l’ancien directeur général du Trésor mercredi. Le sort de la nomination dépendra en grande partie du vote des Républicains. L’entourage d’Emmanuel Moulin a qualifié ces accusations de tempête dans un verre d’eau, affirmant qu’il s’agit d’une pratique courante pour toute nomination à la tête d’une institution. Arnaud Bontemps, fondateur du collectif Nos services publics, a toutefois nuancé cette position, estimant que la situation est différente car l’administration est sollicitée pour assister quelqu’un qui n’est pas encore son supérieur, ce qui la rend partie prenante d’un processus politique.
Dans ce contexte, la CGT Banque de France a appelé mercredi les parlementaires à s’opposer à la nomination d’Emmanuel Moulin.





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