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Éric Ciotti promet une présence policière renforcée aux Moulins après une nouvelle fusillade meurtrière

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Le maire de Nice annonce l’installation d’un poste de police municipale sur la place des Amaryllis, épicentre de violences liées au trafic de stupéfiants qui ont déjà coûté la vie à onze personnes en moins de deux ans.

Éric Ciotti a dévoilé mardi un dispositif sécuritaire inédit pour le quartier des Moulins, théâtre depuis 2024 d’une escalade de violences attribuées au narcotrafic. L’édile, élu en mars avec le soutien du Rassemblement national, a annoncé la transformation d’un local associatif en poste de police municipale dès la semaine prochaine, tout en réclamant à l’État un effort comparable au « quoi qu’il en coûte » pour garantir la sécurité des huit mille habitants de ce secteur enclavé.

La fusillade de lundi après-midi, perpétrée en pleine journée par un homme circulant en trottinette, a fait deux morts et six blessés sur la place des Amaryllis. Les victimes, Ahmed, 57 ans, et Adilson, entraîneur de football de 39 ans, étaient toutes deux pères de famille. Le parquet a confirmé que ces violences s’inscrivaient dans une lutte pour le contrôle des points de deal, bien que seuls trois des blessés soient connus des services pour des faits liés aux stupéfiants.

En juillet 2024, un incendie criminel avait déjà décimé une famille comorienne, causant sept décès dont trois enfants. En octobre 2025, un tireur embarqué avait mitraillé au hasard sur la même place, tuant un père de famille tchétchène et un jeune Niçois. Ces drames successifs ont plongé le quartier dans un climat de peur et de colère. Mardi matin, la plupart des commerces restaient fermés, et seules quelques bougies et un bouquet de fleurs jaunes rappelaient l’émotion suscitée par le dernier drame.

Des habitants expriment un sentiment d’abandon. Une résidente de 66 ans, sous couvert d’anonymat, décrit un quotidien marqué par « la police, la peur, la crainte ». Sabrina, mère d’une enfant de 10 ans, confie vivre avec le spectacle des trafics depuis son logement social donnant sur la place, ajoutant qu’elle appelle les forces de l’ordre plus souvent que sa propre famille.

Le préfet Laurent Hottiaux a justifié le déploiement accru des effectifs en soulignant que les opérations quasi-quotidiennes contre les trafiquants avaient déjà réduit de douze à deux le nombre de points de deal dans le quartier. Il estime que cette pression contribue à déstabiliser le marché, mais admet qu’elle peut aussi provoquer des tentatives de reprise par des réseaux criminels venus de Marseille ou d’Île-de-France.

L’opposition locale, par la voix du mouvement Viva, a dénoncé une approche exclusivement répressive, appelant la municipalité à investir davantage dans la prévention. L’enquête sur la fusillade de lundi a été confiée à la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille. Cinq suspects avaient déjà été interpellés et mis en examen après celle d’octobre.

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