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L’UE renonce à bannir les thérapies de conversion mais exhorte ses États membres à agir


La Commission européenne a jugé mercredi ne pas disposer de l’autorité juridique nécessaire pour interdire ces pratiques à l’échelle du continent, tout en promettant de pousser les Vingt-Sept à légiférer d’ici 2027.
Plus d’un million de citoyens avaient signé une pétition l’an dernier pour réclamer une interdiction européenne de ces méthodes, soutenue par des figures publiques telles que la chanteuse belge Angèle ou l’ancien Premier ministre français Gabriel Attal. Les thérapies de conversion, qui considèrent à tort l’homosexualité comme une pathologie, prétendent pouvoir modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Elles se manifestent sous diverses formes, allant de stages à des séances d’exorcisme, voire à des électrochocs.
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a fermement condamné ces pratiques, affirmant qu’elles n’avaient « pas leur place dans notre Union ». Arborant un drapeau arc-en-ciel, elle a été rejointe par la commissaire à l’Égalité, Hadja Lahbib, qui a qualifié ces méthodes de « violence déguisée ». « Personne ne devrait subir cela », a-t-elle insisté, évoquant des témoignages de victimes confrontées à des « médications forcées, des violences verbales et physiques, des décharges électriques, des abus sexuels et des viols ».
Actuellement, seuls huit pays de l’Union ont interdit totalement ces pratiques : la France, la Belgique, Chypre, l’Allemagne, Malte, le Portugal, l’Espagne et la Grèce. La pétition de mai 2025, portée par des artistes comme Pierre de Maere ou l’actrice Marie Papillon, ainsi que par de nombreux responsables politiques français, demandait une interdiction à l’échelle européenne. Mais Bruxelles a estimé ne pas disposer des compétences légales pour agir « efficacement », craignant des obstacles juridiques ou un empiètement sur les prérogatives nationales.
La Commission a donc choisi de recommander aux États membres, via un texte prévu pour 2027, de bannir ces méthodes sans les y contraindre. Une décision qualifiée d' »occasion manquée » par le groupe « Against Conversion Therapy », à l’origine de la pétition, qui déplore une « réponse trop timide » face à la montée des idées réactionnaires dans le monde. L’eurodéputée Mélissa Camara a également jugé l’initiative insuffisante au vu des « dommages et traumatismes causés ». Hadja Lahbib, elle, a défendu une démarche « historique », affirmant ne jamais oublier les récits des victimes entendus lors des consultations.





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