Planète
Face à la fournaise, l’assurance indienne invente la parade automatique
Dans un pays où les températures frôlent les 50 degrés chaque été, des compagnies d’assurance proposent désormais des polices paramétriques qui indemnisent automatiquement les travailleurs dès que le thermomètre dépasse un seuil critique pendant deux jours consécutifs.
Une nouvelle génération de contrats d’assurance fait son apparition en Inde pour répondre à l’intensification des vagues de chaleur. Ces polices dites paramétriques versent une compensation financière sans attendre l’évaluation d’un sinistre, dès lors que les températures atteignent un niveau prédéfini. Lata Solanki, vendeuse de vêtements à Ahmedabad, en a fait l’expérience. Après avoir perdu l’équivalent de dix-huit euros de revenus en 2023 à cause d’une canicule qui l’a clouée au lit pendant vingt jours, elle a souscrit à ce nouveau type de couverture. L’année suivante, bien que la chaleur ait été tout aussi accablante, elle a reçu un versement automatique de six euros et demi. Dans un pays où le revenu mensuel moyen d’un foyer rural plafonne à quatre-vingt-dix euros, ce soutien financier, même modeste, change la donne.
Le mécanisme est simple. Le contrat prévoit un déclenchement automatique des indemnités lorsque la température maximale dépasse un seuil fixé pendant deux jours consécutifs. Pour la saison 2026, ce seuil a été abaissé à 42,7 degrés Celsius, et les montants versés oscillent entre sept euros et demi et dix-huit euros. Cette approche contourne les lenteurs et les contestations des assurances classiques, qui exigent une évaluation des dommages. Elle s’avère particulièrement adaptée à l’Inde, où près de neuf travailleurs sur dix évoluent dans le secteur informel, sans filet de sécurité sociale. L’agriculture et les travaux publics, premiers touchés par la chaleur extrême, ont perdu l’équivalent de 165 milliards d’euros de revenus en 2024 selon une étude du groupe Lancet Countdown.
L’initiative est née d’une collaboration entre l’organisation à but non lucratif Mahila Housing Trust et la compagnie d’assurance Go Digit, avec le soutien du programme Climate Resilience for All. En discutant avec des salariées d’Ahmedabad, les responsables ont constaté que leurs revenus fondaient de dix-huit à vingt-deux euros chaque été. Lancée en 2024, la police couvrait alors 26 000 femmes pour une prime de trois euros et vingt centimes. Aucune indemnité n’a été versée en 2025, les températures n’ayant pas atteint le seuil requis. Mais pour la saison 2026, plus de 30 000 femmes sont assurées. La protection ne se limite pas aux travailleurs de plein air. Rakhi Gulshan Singh, couturière de trente ans qui gagne trente-cinq euros par mois, a reçu six euros et demi en 2024. Même si elle travaille chez elle, la chaleur dégagée par sa machine à coudre aggrave la sensation de fournaise. Ce n’est pas grand-chose, dit-elle, mais c’est mieux que rien.
Les experts saluent la rapidité et la transparence de ce dispositif, mais soulignent que les montants restent modestes. À mesure que le changement climatique rend les canicules plus fréquentes et plus imprévisibles, les compagnies devront ajuster leurs barèmes et leurs conditions de déclenchement. Lata Solanki, elle, ne compte pas renoncer à sa police. Même si la chaleur ne dépasse pas le seuil cette année, elle continuera à payer sa prime de sa poche. Au moins, dit-elle, on se sent un peu soutenue.
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