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Culture

Peter Jackson, l’architecte de la Terre du Milieu qui a redéfini le cinéma spectacle

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Le réalisateur néo-zélandais a su marier une maîtrise technique exceptionnelle à un art du récit hors pair pour donner vie à l’univers de J.R.R. Tolkien, tout en devenant une figure incontournable de l’industrie et un ambassadeur touristique pour son pays.

Cinéaste de l’excès et de la minutie, Peter Jackson est parvenu à relever l’un des plus grands défis de l’histoire du septième art en adaptant la saga du Seigneur des Anneaux. Son travail a conquis aussi bien le grand public que la critique, et a transformé la Nouvelle-Zélande en destination privilégiée pour les amateurs de paysages épiques. À 64 ans, l’homme aux cheveux ébouriffés, souvent vu pieds nus sur ses tournages, a bâti une carrière sur l’ambition et le souci du détail, porté par des effets spéciaux spectaculaires.

Thierry Frémaux, délégué général du festival de Cannes, salue en lui un artisan qui a modifié en profondeur la manière dont Hollywood conçoit le divertissement. Selon lui, Jackson n’est pas seulement un virtuose de la technique, mais avant tout un narrateur hors pair. Le festival doit lui remettre une Palme d’honneur lors de la cérémonie d’ouverture, en reconnaissance de son apport au cinéma mondial.

Né dans la petite localité de Pukerua Bay, près de Wellington, Peter Jackson a découvert très jeune sa passion pour le cinéma. À huit ans, la version de 1933 de King Kong, vue sur un téléviseur en noir et blanc, le fascine. Il réalise son premier film la même année, un court-métrage de guerre tourné avec des camarades dans le jardin familial, utilisant une caméra Super 8 et perçant le celluloïd pour imiter les impacts de balles.

À dix-huit ans, alors qu’il travaille comme apprenti photograveur pour un journal local, il lit Le Seigneur des Anneaux pendant ses trajets en train et songe déjà à une adaptation cinématographique. Ses débuts dans l’industrie se font avec un film d’horreur à petit budget, Bad Taste, présenté à Cannes et vendu dans une trentaine de pays. C’est lors d’une projection de ce film qu’il rencontre Fran Walsh, qui deviendra sa femme et sa collaboratrice la plus proche, notamment sur la trilogie du Seigneur des Anneaux.

La reconnaissance internationale vient en 1994 avec Créatures célestes, un thriller inspiré d’un fait divers, dans lequel apparaît Kate Winslet. Quatre ans plus tard, Jackson obtient le feu vert de New Line Cinema pour adapter l’œuvre de Tolkien en trois films, tournés en Nouvelle-Zélande. Ce choix, loin d’être anodin, deviendra un argument touristique majeur pour le pays.

Le réalisateur consacre ensuite sept années à l’univers des hobbits et des elfes, livrant une fresque de plus de neuf heures, saluée par de nombreux Oscars. Après ce succès, il se lance dans une nouvelle version de King Kong, avant de revenir à Tolkien avec la trilogie du Hobbit à partir de 2012.

Le festival de Cannes a également mis en lumière son travail documentaire, notamment Pour les soldats tombés, qui restaure des images de la Première Guerre mondiale, et The Beatles: Get Back, plongée immersive dans l’univers des Fab Four.

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