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Le conflit afghan-pakistanais fait plus de 370 morts civils en trois mois

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Le bilan des victimes civiles en Afghanistan atteint un niveau sans précédent depuis 2011, avec 372 morts recensés par l’ONU entre janvier et mars, principalement imputables aux frappes aériennes pakistanaises.

La mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan a documenté la mort de 372 civils et 397 blessés sur la période du 1er janvier au 31 mars 2026. Ce chiffre, qui repose sur au moins trois sources indépendantes, est largement supérieur à tous les bilans annuels enregistrés depuis quatorze ans. À titre de comparaison, l’année 2025, marquée par une intensification du conflit en octobre, avait vu 87 civils tués au total.

Plus de la moitié des décès sont attribués aux bombardements menés par les forces militaires pakistanaises contre un centre de soins pour personnes toxicomanes à Kaboul le 16 mars. La mission onusienne précise s’être rendue sur place et avoir constaté les impacts des frappes. Le gouvernement taliban avait alors avancé un bilan de plus de 400 morts. Si l’ONU a pu vérifier de manière indépendante au moins 269 décès civils et 122 blessés, le rapport estime que le nombre réel pourrait être bien plus élevé, de nombreux corps de patients n’ayant pu être identifiés en raison de l’état des dépouilles.

Parmi les victimes civiles afghanes figurent treize femmes, quarante-six enfants et 313 hommes. La proportion masculine s’explique par la nature de l’établissement visé le 16 mars, qui n’accueillait que des patients masculins. Le Pakistan soutient dans ses réponses écrites n’avoir visé aucun hôpital ni centre de réhabilitation pour toxicomanes, affirmant que ses actions étaient uniquement dirigées contre des infrastructures terroristes et militaires.

Le conflit frontalier, qui oppose les deux pays depuis des années, s’est transformé en guerre ouverte fin février. Islamabad accuse son voisin d’abriter des groupes armés responsables d’attaques meurtrières sur son sol, ce que l’Afghanistan dément. Lundi, le Pakistan a convoqué le chargé d’affaires afghan après une attaque suicide ayant tué quinze policiers, estimant qu’elle avait été planifiée depuis le territoire afghan.

Le rapport relate également la mort d’une employée afghane d’une organisation non gouvernementale le 19 mars dans la province du Nouristan, alors qu’un cessez-le-feu avait été décrété pour la fin du ramadan. Selon l’ONU, les forces pakistanaises ont ouvert le feu sur son véhicule alors qu’elle tentait de regagner son domicile avec son mari et ses trois enfants. En tentant de traverser une rivière à pied pour se protéger, la femme a été touchée par un projectile, est tombée dans l’eau et s’est noyée avec son fils de trois ans. La mission qualifie cet incident d’exécution ciblée.

La mission onusienne recommande aux autorités afghanes de constituer un registre des personnes toujours portées disparues pour répondre aux questions des familles. Elle appelle les belligérants à éviter de viser des établissements de santé et à ne pas tirer vers des zones peuplées de civils, tout en les invitant à enquêter sur les violations présumées du droit humanitaire. Des pourparlers engagés début avril en Chine ont conduit les parties à s’engager à éviter toute escalade. Les incidents ont diminué sans cesser complètement. Le 27 avril, plusieurs civils afghans ont été tués ou blessés dans des frappes ayant notamment touché une université à Asadabad, ville frontalière du Pakistan.

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