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Culture

L’Eurovision s’ouvre à Vienne sous le signe des contestations

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La 70e édition du Concours Eurovision de la Chanson a débuté dimanche dans la capitale autrichienne, attirant des milliers de passionnés venus du monde entier, tandis que des voix s’élèvent pour dénoncer la participation d’Israël.

Vienne déploie un programme riche en animations pour célébrer ce rendez-vous planétaire, avec de multiples activités gratuites destinées tant aux visiteurs qu’aux résidents. La ville a ainsi organisé un défilé des trente-cinq délégations participantes, précédant une cérémonie d’ouverture haute en couleurs, où le tapis traditionnel arborait une teinte turquoise.

« L’ambiance est extrêmement positive, les sourires sont omniprésents et l’accueil est d’une grande chaleur humaine », a confié la représentante française, vêtue d’une robe de soirée, alors qu’elle multipliait les autoportraits avec ses admirateurs. Essyla, qui défendra les couleurs de la Belgique, loue quant à elle « la gentillesse exceptionnelle des Viennois », entourée de ses quatre danseurs, répondant patiemment aux sollicitations des médias spécialisés.

Le concours, qui touche aujourd’hui plus de 170 millions de téléspectateurs à travers le globe, génère également des milliards de visionnages sur les plateformes numériques. La Finlande, donnée favorite par les sites de paris, espère l’emporter grâce à un duo associant le chanteur charismatique Pete Parkkonen à la violoniste éclatante Linda Lampenius.

La Grèce, le Danemark, la France et l’Australie figurent également parmi les prétendants sérieux, la star Delta Goodrem ayant bénéficié d’un soutien financier public de Canberra pour promouvoir la diplomatie culturelle. Le candidat israélien Noam Bettan pourrait lui aussi tirer son épingle du jeu avec un titre interprété partiellement en français.

La présence d’Israël a toutefois provoqué le désistement des diffuseurs espagnol, irlandais, islandais, néerlandais et slovène. Ces derniers reprochent à l’État hébreu la conduite de l’offensive militaire à Gaza, menée en représailles à l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Plus d’un millier d’artistes et de collectifs ont également appelé au boycott.

Samedi, des militants propalestiniens ont perturbé les discours de la ministre autrichienne des Affaires étrangères Beate Meinl-Reisinger et du maire de Vienne Michael Ludwig, organisés à l’occasion de la Journée de l’Europe, en les couvrant de sifflets et en utilisant un mégaphone. Ils protestaient contre la participation israélienne au concours.

Le ministre allemand de la Culture, Wolfram Weimer, qui a annoncé sa venue, a confié au journal Augsburger Allgemeine que ces appels au boycott lui avaient « causé de la peine ». « Je me suis engagé très tôt pour qu’Israël puisse chanter et j’ai défendu cette cause jusqu’aux plus hautes sphères politiques. Je suis heureux que ce soit le cas et je pars donc pour Vienne, impatient de vivre cet événement », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, alors que les règles avaient été modifiées l’année dernière suite aux appels d’Israël à voter massivement pour sa candidate, Martin Green, le directeur du concours, a adressé « une lettre d’avertissement officielle » au diffuseur israélien KAN. « Vendredi, nous avons été informés que des vidéos encourageant à voter dix fois pour Israël avaient été diffusées », a-t-il indiqué samedi dans un communiqué. « Nous avons contacté la délégation de KAN pour leur demander de retirer ces vidéos de toutes les plateformes où elles avaient été publiées. Utiliser un appel direct à l’action pour voter dix fois pour un artiste ou une chanson n’est pas conforme à nos règles ni à l’esprit du concours », a-t-il souligné.

Pour prévenir tout incident, l’événement bénéficie d’un dispositif de sécurité renforcé, avec plusieurs centaines de policiers mobilisés chaque jour jusqu’à la finale de samedi. David Schuler, un ingénieur allemand de trente ans venu de Munich, arborant fièrement un drapeau européen sur son t-shirt, dit « comprendre les protestations ». « Le comportement de la délégation israélienne ces dernières années méritait certes d’être critiqué, mais l’UER a pris sa décision de ne pas exclure Israël, et il faut bien sûr s’y conformer désormais », a-t-il estimé.

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