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Négociations exigées par Caracas dans le litige frontalier avec Georgetown

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La présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodríguez, a appelé lundi à des discussions bilatérales avec le Guyana devant la Cour internationale de Justice, tout en contestant la compétence de l’instance.

Pour son premier déplacement hors des Caraïbes depuis son accession au pouvoir, Delcy Rodríguez a plaidé pour un retour au dialogue direct entre les deux nations. Elle a proposé l’organisation d’une rencontre de haut niveau afin d’aplanir les tensions autour de l’Essequibo, un territoire de 160 000 kilomètres carrés riche en hydrocarbures. Administré par le Guyana depuis plus d’un siècle, cette zone fait l’objet d’un contentieux historique avec le Venezuela, chaque pays revendiquant un tracé frontalier différent.

Devant les juges de la plus haute juridiction internationale, la dirigeante a réaffirmé la position constante de son pays. Caracas refuse de reconnaître toute autorité supranationale en matière de souveraineté territoriale. Elle a précisé que sa présence à La Haye ne saurait être interprétée comme une acceptation de la compétence de la Cour dans ce litige.

Cette intervention clôturait une semaine d’audiences consacrées à ce différend, qui a parfois failli dégénérer en affrontement armé. Les deux États se disputent cette région depuis le XIXe siècle, mais le conflit s’est intensifié il y a une dizaine d’années après la découverte par le groupe ExxonMobil d’immenses gisements pétroliers au large des côtes. Cette ressource a conféré au Guyana les plus importantes réserves de pétrole brut par habitant au monde.

Le précédent gouvernement de Nicolas Maduro avait relancé les revendications territoriales sur l’Essequibo à partir de 2019. La Cour a été saisie pour trancher la validité de la frontière établie en 1899, alors que la région était sous domination coloniale britannique. Le Venezuela soutient que la délimitation devrait suivre les termes d’un accord signé en 1966, antérieur à l’indépendance du Guyana.

Lors d’audiences précédentes, Georgetown avait qualifié cette affaire de dimension existentielle, puisque plus de 70 % de son territoire se trouve concerné. Une décision de la Cour ne devrait pas intervenir avant plusieurs mois, voire plusieurs années. Si ses arrêts sont juridiquement contraignants, elle ne dispose d’aucun moyen pour en imposer l’exécution. En mai 2025, les juges avaient ordonné en urgence au Venezuela de suspendre ses projets électoraux dans l’Essequibo, mais le scrutin avait eu lieu malgré cette injonction.

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