Économie
Le climat fait flamber les primes d’assurance habitation, même loin des littoraux américains
Loin des côtes, les propriétaires américains subissent une hausse brutale de leurs primes d’assurance habitation, conséquence directe de l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes.
Tony Dunn a quitté la Californie après que sa maison a été détruite par un incendie de forêt, pour s’installer dans les montagnes de Caroline du Nord, une région qu’il pensait à l’abri des catastrophes naturelles. Six ans plus tard, un ouragan d’une violence inédite a ravagé son nouveau quartier, provoquant une augmentation de 30 % de sa prime d’assurance habitation, désormais fixée à près de 4 400 dollars par an. Ce retraité fait partie d’un nombre croissant d’Américains confrontés à une flambée des tarifs qui ne se limite plus aux zones côtières comme la Floride.
Le changement climatique amplifie la puissance des ouragans et entraîne des précipitations plus extrêmes dans des régions de plus en plus vastes, y compris celles qui se croyaient relativement protégées. L’ouragan Helene, qui a fait plus de 250 morts en 2024, n’a pas endommagé la maison de Tony Dunn. Mais les dégâts considérables dans les environs ont poussé son assureur à réviser ses tarifs à la hausse. « C’était un choc l’année dernière lorsqu’on a reçu la facture », confie-t-il, tout en reconnaissant qu’il est difficile de se passer d’une couverture, même onéreuse. Lui et son épouse avaient déjà perdu leur maison californienne dans l’incendie Camp Fire en 2018, un sinistre qui avait tué 85 personnes et dont le remboursement par l’assurance leur avait permis de repartir.
Dans le comté de Henderson, où résident les Dunn, à près de 400 kilomètres des côtes, les primes d’assurance habitation ont bondi de 86 % entre 2018 et 2024, atteignant une moyenne annuelle de 1 979 dollars. À l’échelle nationale, la hausse était de 58 % sur la même période, selon une étude publiée en 2025 par le Bureau national de la recherche économique. Des États du centre du pays, comme l’Iowa ou le Nebraska, subissent également de fortes augmentations liées aux aléas climatiques, avec des hausses respectives de 54 % et 20 % entre 2023 et 2025, d’après le comparateur d’assurances Insurify.
Le foyer américain moyen serait « sous-assuré lors de la souscription d’un prêt immobilier, avec seulement 70 % des coûts de reconstruction couverts par l’assurance », estimait une étude de chercheurs des universités Columbia et Harvard en 2025. « Nous nous rapprochons d’une situation où les assureurs vont devoir facturer beaucoup plus cher en raison des risques climatiques », explique Ishita Sen, coautrice de l’étude. Mais les contraintes financières ne permettent pas toujours aux ménages de suivre.
Dee Dee Buckner, 60 ans, habite à Marshall, en Caroline du Nord. Elle envisage de ne plus renouveler son assurance habitation. « S’ils augmentent encore le prix, je ne pourrai plus », dit-elle. Contrairement à Tony Dunn, elle a perdu sa maison lorsque l’ouragan Helene a fait déborder la rivière French Broad, inondant le centre-ville sous 3,70 mètres d’eau. « Nous avions déjà connu des pluies liées aux ouragans, mais rien d’une telle ampleur. Cela a été un choc pour tout le monde », se souvient-elle. Depuis, elle a souscrit une « petite assurance pas chère » qui, craint-elle, ne couvrira pas grand-chose en cas de nouvelle catastrophe.
Aux États-Unis, l’assurance inondation doit être souscrite séparément de l’assurance habitation, qui couvre les dégâts liés au vent ou aux précipitations. Sa prime est passée de 1 100 à 1 700 dollars par an. L’étude du Bureau national de la recherche économique souligne que la réassurance a augmenté partout, les compagnies vivant une sorte de « révélation climatique ». Cette hausse est également tirée par d’autres facteurs, comme l’augmentation des coûts de construction due à l’inflation. Mais le climat « est le facteur structurant le plus important », conclut Sarah Dickerson, chercheuse à l’Institut Kenan, un avis partagé par le Bureau des taux de Caroline du Nord, qui représente les compagnies d’assurance.
Autre conséquence, certains assureurs abandonnent purement et simplement certains territoires, ce qui réduit la concurrence et fait grimper les prix. Continuer à parler de zones à risque faible est désormais obsolète, insiste Sarah Dickerson : « Les pertes liées au climat touchent toutes les zones de l’État. »
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