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Kiev et Moscou observent une trêve fragile, mais les explosions continuent de résonner dans l’est de l’Ukraine

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La trêve de trois jours, annoncée à la veille des commémorations de la victoire sur le nazisme, n’a offert qu’un répit partiel à une population ukrainienne marquée par plus de quatre années de guerre.

Dans la ville industrielle de Zaporijjia, située à proximité de la ligne de front, les habitants décrivent un quotidien où les alertes aériennes et les détonations se mêlent à l’espoir précaire d’une accalmie. Anastasia Rybalka, une informaticienne de 23 ans, raconte avoir entendu des explosions alors qu’elle se promenait. Pour elle, cette période n’a été qu’une journée ordinaire, ponctuée par un bruit de fond incessant. Le cessez-le-feu, initié par Washington et accepté par les deux belligérants, visait à permettre le défilé militaire sur la place Rouge à Moscou. Kiev a ordonné à ses forces de ne pas ouvrir le feu durant cette période, tandis que Moscou a officiellement adhéré à la trêve. Pourtant, les accusations mutuelles de violations se sont multipliées, et la région de Zaporijjia a continué d’être la cible de frappes russes, selon des témoignages locaux.

Dmytro Zlotchevsky, un professeur d’anglais de 45 ans vivant en périphérie de la ville, a entendu plusieurs explosions. Il exprime un scepticisme mesuré sur les chances que cette trêve débouche sur une avancée diplomatique durable. Pour lui, il s’agit simplement d’une pause accordée à l’agresseur pour organiser ses célébrations, après quoi les hostilités reprendront. Depuis le début de l’invasion en 2022, les cessez-le-feu se sont succédé sans jamais aboutir à une résolution tangible. Les efforts de médiation américaine, déjà fragilisés par d’autres crises internationales, peinent à relancer un dialogue direct entre Kiev et Moscou.

À Odessa, grand port de la mer Noire habituellement exposé aux drones russes, la trêve a offert un répit bienvenu. Tetiana, une institutrice de 38 ans, a pu dormir paisiblement et profiter de la mer pour la première fois depuis longtemps. Elle exprime le souhait que cette accalmie se prolonge et que la guerre s’achève rapidement. Mais Dmytro, un vendeur de 20 ans, refuse de se laisser bercer par l’espoir. Il redoute que cette pause ne soit que temporaire et que des attaques massives reprennent dès son expiration.

Svitlana, une retraitée de 68 ans originaire du Donbass, confie que l’angoisse ne l’a jamais quittée, même si elle a pu dormir deux nuits sans alerte. Sa maison dans l’est du pays a été détruite par les combats. Elle souligne que dans le Donbass, épicentre des affrontements, le calme n’a jamais été de mise. Les bombardements ont continué, faisant des blessés et ajoutant aux destructions. Pour elle, la trêve n’a été qu’une illusion pour Odessa, tandis que l’est de l’Ukraine reste en proie à une guerre sans répit.

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