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La révolte des plumes étrangères contre Grasset

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Une fronde inédite secoue le monde de l’édition française : des auteurs internationaux de renom, dont la Prix Nobel Han Kang, refusent désormais de confier leurs manuscrits à la maison Grasset après le départ forcé de son directeur.

La contestation gagne du terrain chez Grasset. Après un collectif d’environ deux cents écrivains français qui ont annoncé mi-avril leur décision de ne plus publier chez cet éditeur, ce sont désormais les auteurs étrangers qui montent au créneau. Dans un texte commun dont l’AFP a eu connaissance, une trentaine de plumes internationales affirment leur refus de soumettre leurs prochains ouvrages à la maison fondée en 1907. En cause, le limogeage d’Olivier Nora, son PDG, qu’ils jugent comme une atteinte grave à l’indépendance éditoriale.

Ces auteurs, parmi lesquels figurent la Sud-Coréenne Han Kang, Prix Nobel de littérature 2024, l’Écossaise Ali Smith, l’Islandais Jón Kalman Stefánsson, l’Irlandais Colm Tóibín ou encore l’Italien Sandro Veronesi, expriment leur vive inquiétude quant à l’avenir de la maison. « Nous refusons que notre travail soit utilisé au service de fins politiques que nous ne partageons pas », écrivent-ils, dénonçant une mainmise qu’ils attribuent à Vincent Bolloré, actionnaire de référence du groupe Hachette, propriétaire de Grasset. L’extrême droite, ajoutent-ils, « agit au-delà des frontières ; elle doit être combattue au-delà des frontières ».

Dans leur déclaration, ces écrivains soulignent que le renvoi d’Olivier Nora pour ses choix éditoriaux laisse entendre qu’aucun éditeur chez Grasset ni au sein d’Hachette n’est désormais à l’abri. « Les éditeurs peuvent être congédiés à tout moment sans continuité ni protection, et les conditions de l’indépendance éditoriale ont été fondamentalement compromises », estiment-ils. Ils ajoutent avoir eu « l’honneur d’être traduits en français et publiés par une équipe aussi dévouée et de si haut niveau ».

De son côté, Vincent Bolloré a répliqué le 19 avril dans une tribune, fustigeant le « vacarme » d’une « petite caste qui se croit au-dessus de tout et de tous ». Il a assuré que Grasset « continuera » malgré le départ de nombreux écrivains. La maison doit d’ailleurs publier le 2 juin le nouveau livre de Boualem Sansal, « La légende », qui relate sa détention en Algérie.

La mobilisation des auteurs mécontents se poursuivra mercredi lors d’une réunion à huis clos dans un théâtre parisien. Ils y discuteront des prochaines actions à mener, notamment pour protéger leurs droits, en présence de responsables du monde de l’édition et d’avocats.

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