Économie
Londres engage une reprise en main de la sidérurgie britannique


Le Premier ministre Keir Starmer a annoncé ce lundi un projet de loi visant à nationaliser British Steel, une décision qui marque un tournant pour l’industrie sidérurgique du pays.
Le chef du gouvernement britannique, confronté à une pression politique croissante après des résultats électoraux locaux défavorables au Labour, a dévoilé son intention de placer sous contrôle public le sidérurgiste British Steel, filiale du groupe chinois Jingye. L’État avait déjà pris la main sur l’entreprise il y a un peu plus d’un an. « Nous avons mené des discussions avec l’actionnaire actuel, mais aucune cession à des conditions commerciales n’a pu être conclue », a déclaré M. Starmer lors d’une intervention à Londres. Il a précisé qu’un texte législatif serait soumis au Parlement dans les jours à venir pour autoriser l’exécutif à « acquérir la pleine propriété publique de British Steel ».
En 2025, Jingye avait fait part de son intention de mettre à l’arrêt les deux hauts fourneaux de Scunthorpe, dans le nord de l’Angleterre, derniers équipements de ce type encore en activité au Royaume-Uni, en raison de leur manque de rentabilité. Cette décision menaçait directement 2 700 emplois. Faute d’accord avec l’entreprise, le gouvernement avait alors fait adopter en urgence une loi contraignant British Steel à poursuivre sa production sous peine de sanctions, un épisode qui avait tendu les relations avec Pékin. « British Steel pourrait revenir dans le giron de l’État pour la première fois depuis sa privatisation en 1988 », a indiqué l’exécutif dans un communiqué, en précisant que cette nationalisation resterait « soumise à des critères d’intérêt public ».
L’objectif affiché est de « renforcer la sécurité nationale tout en garantissant une stabilité pour les salariés de Scunthorpe, ainsi que pour les fournisseurs et les clients de l’entreprise », a souligné le ministère des Entreprises et du Commerce. Londres a lancé en mars dernier une « Stratégie pour l’acier », qui prévoit notamment l’instauration de droits de douane à 50 % et une réduction des quotas d’importation, afin de protéger une filière jugée stratégique pour les infrastructures et la défense du pays. Le gouvernement vise à porter à 50 % la part de l’acier britannique consommé au Royaume-Uni, contre 30 % actuellement. Ce plan s’accompagne d’une enveloppe pouvant atteindre 2,5 milliards de livres destinée à financer des investissements d’ici 2029. L’État avait déjà alloué 500 millions de livres pour soutenir la construction d’un nouveau four électrique sur le site de Tata Steel à Port Talbot, au pays de Galles. La production d’acier au Royaume-Uni reste modeste, avec 4 millions de tonnes en 2024, mais près de 40 000 emplois dépendent de ce secteur.





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